70 000 opposants contre le régime

L’opposition appelle les Ukrainiens à observer une grève générale d’une heure jeudi 13 février, à 11 h. AFP

L’opposition a fait une démonstration de force dimanche à Kiev en rassemblant 70 000 manifestants sur la place de l’Indépendance.

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L’opposition ukrainienne a affirmé dimanche sa détermination face au pouvoir du président Viktor Ianoukovitch, au cours d’un rassemblement de quelque 70 000 manifestants sur la place de l’Indépendance, le Maïdan, à Kiev.

«Nous n’avons pas l’intention de nous rendre. Nous irons plus loin», a affirmé le militant torturé Dmytro Boulatov, actuellement soigné en Lituanie, qu’une animatrice du rassemblement, la chanteuse Rouslana, a appelé au téléphone, mettant ensuite l’appareil contre le micro. La foule a répondu par des applaudissements.

Rouslana, très présente dans la contestation, a dit aux manifestants qu’elle se sentait physiquement menacée par les partisans du pouvoir, les «titouchki», des «sportifs» que l’opposition soupçonne d’être mobilisés par le pouvoir pour agresser ses membres. «Les titouchki m’ont de facto chassée de chez moi. Ils font le guet en bas de chez moi et surveillent ma voiture», a-t-elle dit, avant de révéler qu’elle recevait des textos «qui me menacent de me faire subir le même sort qu’à Boulatov».

Ce dernier avait été enlevé et torturé pendant plusieurs jours par des inconnus parlant russe qui lui ont coupé une partie de l’oreille.

L’un des principaux dirigeants de l’opposition, Vitali Klitschko, a défié le président Viktor Ianoukovitch, appelant les Ukrainiens à observer une grève générale d’une heure jeudi 13 février, à 11 h, et à sortir à cette occasion dans la rue avec les drapeaux nationaux. «Je suis Ukrainien, je n’ai pas peur . On ne peut pas nous briser. Nous allons continuer à nous battre», a-t-il lancé avant d’exhorter les gens à s’inscrire dans les unités d’autodéfense partout dans le pays.