Merci, j’ai déjà donné

Reporters

Cela vous arrive souvent, à vous comme à moi, de proférer ce petit mensonge : «Merci, j’ai déjà donné». Cette répartie sert à se dédouaner d’une demande qui vous est parfois faite de mettre la main au portefeuille.

Mais comme c’est souvent pour une bonne cause, on éprouve parfois un peu de honte pour ce piteux mensonge.

Dans le cas qui nous occupe aujourd’hui, cela sera pourtant: «Merci, j’ai déjà donné» à l’encontre de nos ministres de tous bords, de toutes compétences. Cela leur est dit avec la plus grande fermeté, la plus totale détermination.

Messieurs les ministres, merci, nous avons déjà tous donné. En ce qui me concerne, je n’ai pas encore fait les calculs, mais, depuis que je paie mes impôts, mes taxes, mes redevances, mon précompte mobilier, mes assurances, mes cotisations, la TVA, sur tous mes achats, les accises sur mon carburant et mon mazout de chauffage, mes taxes de mise en circulation et celle de circulation, mes amendes pour roulage, je vous dis: cela suffit!

Cela suffit parce que, en retour de mes nombreuses années de participation à la bonne marche du pays, comme tout un chacun, je me rends compte que vos budgets, messieurs les ministres, sont chroniquement déficitaires, que vos politiques n’apportent qu’une paupérisation galopante, l’insécurité et la précarité.

Messieurs les ministres, vous poussez le bouchon trop loin. L’imagination débordante et dévorante dont vous faites preuve pour aller chercher encore un peu plus dans la poche du citoyen (la taxe kilométrique, quelle trouvaille…) est inversement proportionnelle à vos capacités à redistribuer équitablement le produit de vos rapines légalisées.