Histoire d’épater son auditoire, un neuro-biologiste annonçait allègrement que certaines des personnes qui se trouvaient dans la salle avaient de bonnes chances de vivre jusqu’à 1 000 ans.

On imagine qu’il plaisantait. «Ceux qui sont à la pointe de ce domaine parlent de 115 ans », explique Michel Poulain. «Mais cela n’empêche pas qu’il y a un tas de débats dans lesquels certains estiment qu’on finira par pouvoir tout remplacer et qu’on pourra atteindre 150 ans », ajoute ce démographe qui préfère attendre et voir.

Mais un autre courant de pensée va à l’encontre de cet optimisme. Ici, on parle de nouvelles maladies qualifiées de sociales car elles sont davantage liées à des comportements.

L’obésité, par exemple, est une réalité exponentielle. Jusqu’à présent, ce n’était pas la première préoccupation des personnes âgées. Ce ne sera plus le cas demain: il est acquis que la malbouffe n’est pas qu’une figure de style. Le nombre de cancers est aussi à la hausse. «Pour une partie de la population, les conditions de vie et d’hygiène de vie sont sans doute moins bonnes aujourd’hui qu’hier », note Fabienne Collette, maître de recherche FRS-FNRS. «Je pressens une mortalité contre laquelle cette fois la médecine ne pourra apporter une réponse aussi efficace que par le passé. » D.V.