D’ici peu, un Belge sur deux aura plus de 50 ans

D’ici peu, un Belge sur deux aura plus de 50 ans

L’augmentation des seniors dans notre société est énorme. Le phénomène est européen et même mondial. REPORTERS

Notre démographie n’a plus rien d’une pyramide: le vieillissement de la société lui donne aujourd’hui des allures de meule de foin. En cause, l’allongement de la vie conjugué à une baisse de la natalité.

Stupéfiant: alors que le vieillissement démographique était postulé depuis longtemps par les démographes, notre société semble en découvrir aujourd’hui l’impact. La forme classique de la pyramide n’est donc plus du tout adéquate. Ne pas l’avoir appréhendé plus tôt voire carrément l’anticiper aurait sans doute évité de le voir qualifié aujourd’hui de «bombe à retardement ». Voici quelques clés pour comprendre ce qui se passe, en amont de notre supplément de ce jeudi (lire ci-dessous, à droite).

1. On vit plus longtemps. C’est le moteur principal du vieillissement démographique. On estime que l’on gagne annuellement un quart d’année d’espérance de vie. Si la tranche 12-14 ans représente les âges où le taux de mortalité est le plus bas, la médecine a permis de la diminuer à toutes les générations.

Seule exception, dans la période 20-30 ans, on distinguait auparavant un pic de mortalité lié aux femmes qui mouraient en accouchant. Ce pic n’a pas disparu, mais il a été remplacé par des hommes de la même tranche d’âge décédés lors d’accidents de la route.

2. On fait moins de bébés. C’est en 1964 que le taux de natalité a atteint un pic qui n’a plus été atteint depuis: 2,71 enfants par femme. Soit plus que le taux de remplacement qui est de l’ordre de 2,1 enfants par femme. Aujourd’hui, ce taux est passé de 1,6 à 1,8 enfant par femme. En d’autres termes, la population ne se renouvelle pas: à chaque génération, on perd environ 10% de la population.

3. Le baby-boom est conjoncturel. Nous sommes en train de vivre un pic démographique qui donne à notre bonne vieille pyramide des âges une forme de meule de foin ou, c’est selon, une mongoflière: sa base se rétrécit et son sommet s’élargit. La baisse de natalité qui a suivi le baby-boom donne à ce dernier un caractère conjoncturel: vers 2030, son impact diminuera. D’ici là, on arrivera à une situation où un Belge sur deux aura 50 ans et plus.

4. L’immigration nous rajeunit. Depuis la fin des années quatre-vingt, l’immigration a connu une croissance importante et a permis une forme de «rajeunissement » de la population.

Et c’est encore plus vrai aujourd’hui: plus d’un habitant sur dix en Belgique est étranger. En comptant les naturalisations, on serait à deux millions de personnes d’origine étrangère.

5. Ce qui coince. Le système des pensions a été créé sur base de statistiques que l’allongement de la vie a complètement modifiées. On est ainsi passé d’une retraite moyenne de huit ans à vingt ans et même davantage. Le système d’un financement par les actifs n’est donc plus adapté. L’autre écueil concerne les soins de santé: leurs coûts s’élèvent avec l’âge. Il n’est donc pas compliqué de comprendre que plus on vit vieux et plus ces soins de santé pèsent sur des finances publiques.

Vu sous cet angle, la situation est apparemment explosive. Ce sera le thème de notre enquête toute cette semaine avec jeudi un supplément de douze pages permettant à six grands témoins de proposer leur analyse et leurs solutions.