Quand le bien-être conduit à faire moins d’enfants

Michel Poulain: «La chute de la natalité est directement liée à la prospérité » EdA

Cette situation démographique, Michel Poulain la connaît sur le bout des ongles. Ce démographe de l’UCL en a étudié les origines.

«Notre société a toujours fonctionné sur un système d’équilibres: après les guerres ou les épidémies, on a toujours fait des enfants. Ce n’est qu’un peu avant 1900, avec l’augmentation de la qualité de la vie, que la natalité a commencé a chuté. »

«C’est aussi un des enseignements de notre histoire démographique: dès qu’un peu de bien-être apparaît, on fait moins de bébés. On peut y lire un lien entre prospérité et égoïsme: plus on est à se partager le gâteau et plus les parts sont petites », observe le démographe.

Avec le choc du pétrole

Mais après les deux guerres suivantes, le phénomène a de nouveau fonctionné: marasme puis effets natalistes. Avec une nuance: deux fois plus de gens sont nés après la seconde guerre mondiale qu’après la première. «Cela veut dire qu’aujourd’hui, on vit une accalmie dans le nombre de centenaires mais que l’on va bientôt vivre une augmentation avec les enfants d’après 1 945 ».

Le choc du pétrole de 73 et les soubresauts de l’économie mondiale vont stopper net ce baby-boom. «Le vieillissement est mécanique, explique Michel Poulain, l’âge moyen est aujourd’hui proche des 40 ans. On va arriver à une situation où la moitié de la population aura plus de 50 ans. Aucune société n’a jamais vécu cela. »D.V.