Le vrai psychopathe est rare, pas le psychopathe « social »

Le vrai psychopathe est rare, pas le psychopathe « social »

Samuel Leistedt. «Un psychopathe sait très bien ce qui est bien ou mal.» EdA

Un psychopathe est quelqu’un qui n’éprouve aucune empathie pour autrui. Son cerveau fonctionne d’une manière particulière. Mais est-ce une maladie ou pas?

Qu’est-ce qu’un psychopathe? «C’est une des choses les plus difficiles à diagnostiquer car on ne sait pas très bien ce que c’est, dit Samuel Leistedt, psychiatre, professeur et expert pour les tribunaux. Et il n’y a pas de consensus sur la définition. Disons que le psychopathe n’a pas d’empathie, est quelqu’un de très froid, qui n’a pas - ou très peu – d’émotions. À partir de là, certains développent des comportements antisociaux. Quand on ne ressent aucune culpabilité, c’est plus facile d’aller arracher un sac à main…»

Cela ressort-il de la psychologie (les rapports avec l’environnement humain) ou de la psychiatrie (la génétique)? «Des deux… Des études très poussées ont révélé que le cerveau d’un psychopathe ne fonctionne pas comme le cerveau de quelqu’un qui n’est pas psychopathe. D’où les questions qu’on se pose partout dans le monde: est-ce une maladie ou non? La responsabilité de la personne est-elle engagée ou non? Pour moi, un psychopathe sait très bien ce qui est bien ou mal. Il est donc responsable. Mais doit-il aller en prison ou recevoir des soins? Quid du risque de récidive? Il y a beaucoup de recherche mais il n’y a actuellement pas de traitement vraiment efficace, ni via la psychothérapie, ni via les médicaments. Un médicament peut réduire l’agressivité mais il n’attaque pas le problème de fond.»

Les psychopathes qui cumulent toutes les caractéristiques, y compris une grande agressivité, sont rares, «contrairement à ce qu’on pense ».

Les psychopathes sociaux, par contre, sont moins rares… «C’est par exemple le politicien qui n’hésite pas à écraser tout le monde autour de lui, à coup de trahisons, de mensonges et de fraudes, mais pas d’agression physique, pour avoir du pouvoir, pour gravir les échelons, sans que cela ne l’empêche de dormir sur ses deux oreilles la nuit venue. Aux États-Unis, quelques politiciens très connus sont répertoriés comme tels par certains spécialistes…»F.D