C’est en janvier 2011 que ce projet a été évoqué pour la première fois entre les gouvernements wallons, bruxellois et flamand.

Un consortium de consultants a été désigné, notamment pour élaborer la fameuse grille tarifaire.

«Ils se sont basés sur ce qui se faisait dans d’autres pays européens» explique Julien Vandeburie, du cabinet de Philippe Henry, ministre wallon de la Mobilité.

«Ils ont choisi un tarif suffisamment élevé pour convaincre les participants au test de changer leurs habitudes, mais pas trop non plus pour que tout le monde joue le jeu. Chaque famille participante a également un petit intéressement financier à l’expérience, qui varie en fonction des trajets du ménage.»

Le but avoué: étudier les modifications de comportement en fonction des contraintes et des avantages financiers. Et d’opérer éventuellement dans le futur des glissements fiscaux.

«Si ce système de taxation au kilomètre se met en place, c’est clair, la taxe de circulation disparaît» ajoute Julien Vandeburie. Parfait. mais cela ne couvrira pas tout…

«C’est vrai. Il faudra faire d’autres glissements fiscaux. On peut imaginer ça avec les accises sur les carburants, par exemple».

Une opération blanche

Au regard des projections que nous avons faites, il est clair que la facture sera salée pour tous les automobilistes. Pourtant, le but est que l’opération soit blanche pour les citoyens. Du moins au départ.

«Après, le but est clairement que ceux qui font plus de kilomètres payent plus. Et que les comportements changent».

Mais, en tout état de cause, pour autant que le test soit concluant et que les différentes autorités se mettent d’accord sur une généralisation de la taxation, cela ne se fera pas rapidement.

«Selon moi, si ça se fait, ce ne sera pas avant 10 ans» juge M. Vandeburie.

«Il faudra analyser toutes les données, faire les textes légaux, discuter le tarif. Celui proposé dans le test est plausible. Mais ça ne signifie pas que ce sera celui-là. Il faudra ensuite implémenter la mesure: 5 millions de GPS à placer, ça ne se fait pas du jour au lendemain. Et il faudra voir si on décide de mesures transitoires ou pas.»

Sans parler évidemment des discussions interminables qui surgiront sur le respect de la vie privée. Pas sûr en effet que le fait de tracer systématiquement tous les véhicules en Belgique soit de nature à réjouir la majorité des automobilistes…

M. Dum.

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