La question psy du 9 février 2014 -

Perdre un parent en bas âge et vivre le manque toute sa vie

Perdre un parent en bas âge et vivre le manque toute sa vie

Quand on perd un être cher en bas âge, il ne reste que les photos pour se souvenir. Tatyana Gladskih - Fotolia

Perdre un papa ou une maman alors qu’on est en bas âge a forcément des répercussions durant toute la vie. Charline souffre encore de ce manque et se demande comment le surmonter.

«J’ai perdu mon père à l’âge de 3 ans et demi. Je n’ai que deux «flashes» de lui, mais aucun réel souvenir. Depuis toute petite, ma maman a essayé de faire autant la maman que le papa, mais il manque quelque chose… J’ai grandi, mais comme avec une jambe en moins pour avancer. Niveau affection, j’ai toujours un manque.»Charline, 25 ans

La réponse de Vanessa Greindl, psychanalyste

Votre père perdu n’a pu vous voir grandir, vous transmettre son point de vue sur bien des choses, ni sa façon de vivre. Vous êtes «obligée de croire ce qu’on vous dit de lui»… Par vous-même, vous n’avez pu le connaître. Bien sûr, un père disparu c’est lourd, important, difficile, mais que cherchez-vous ici, si ce n’est une confirmation que son absence, ce n’est pas rien? Quelqu’un dit-il le contraire?

Un manque multiple et pluriel

«J’ai toujours un manqueS, il me manque toujours quelques choseS»… Vos «s», non pas fautes de frappes ou d’orthographe, mais plutôt lapsus écrits, crient sans doute combien votre cœur pleure ce manque multiple et pluriel. Bien entendu, votre maman a fait autant que possible, comme vous le soulignez, elle est une mère humaine et donc limitée et personne ne pallie l’absence d’un père.

Poursuivre comme une battante

Par ailleurs, toute vie est faite de manques. Un drame est arrivé pour vous dans votre vie de petite fille, qui teintera votre existence dans son ensemble, bien sûr vous n’y êtes pour rien, mais ce qui vous appartient aujourd’hui, c’est ce que vous ferez de cette lourde perte. Ce que vous jouerez comme cartes avec ce jeu que la vie vous a distribué sera votre choix et votre responsabilité. Vous vous décrivez comme une battante, «parfois canard boiteux, une jambe en moins», et pourtant vous avancez et baissez les bras moins vite qu’un autre. Se battre, croquer la vie, avancer, sont vos modes de vie. Vous semblez jusqu’ici avoir joué vos cartes avec détermination.

Place donc à votre désir de vivre pleinement Charline, même avec un jeu privé à jamais de votre roi de cœur!

Vous aussi vous êtes confronté à une absence? Vous avez pu la surmonter ou vous avez des conseils à donner à des personnes dans le cas? Faites-nous part de votre témoignage sur le forum ou par courriel à questionpsy@lavenir.net. Votre réaction sera peut-être publiée dans le supplément Deuzio de L’Avenir du 15 février.

Retrouvez également les questions à Vanessa Greindl dans le mensuel «Psychologies Magazine» ou sur