Comme une crêpe

Reporters

Avez-vous mangé, hier, au moins une crêpe? Pour les distraits, c’est en effet hier, le 2 février, qu’on fêtait la Chandeleur.

D’abord fête religieuse, qui consiste à célébrer, quarante jours après la Noël, le fait que «Jésus est lumière», ainsi que la pureté de la Vierge Marie, cette fête s’est muée dans une espèce de rite populaire qui consiste à cuisiner des crêpes. Le lointain rapport encore entretenu avec la fête religieuse est celui de cette lumière, puisque la crêpe prend la forme d’un disque qui rappellerait le soleil.

Et donc, un peu comme le Mardi Gras, la Chandeleur vient aujourd’hui rappeler que la fin de l’hiver (encore qu’on n’a pas l’impression de le subir, cet hiver) est proche et que l’on a encore des réserves de nourriture.

Et donc, avez-vous mangé des crêpes hier? Est-ce que votre moitié y a songé? Est-ce seulement vous qui avez extirpé de votre mémoire ce cérémonial? Franchement, et personnellement, je ne me souviens plus trop de cette Chandeleur, sinon qu’elle était effectivement une belle occasion de faire la fête en famille, un peu comme on se réunit le jour de Noël autour du boudin.

Ce qui m’étonne dans tout cela, c’est le peu d’exploitation de la Chandeleur par notre société de consommation. Sauf, bien sûr, si vous ne vous sentiez pas le courage de confectionner votre pâte à crêpe, il va de soi qu’on peut acheter des crêpes qu’il reste à réchauffer au micro-ondes. Beurk, cela nous éloigne de tout ce charme de la Chandeleur. Ici, la confection de la première crêpe revêt une importance capitale: on doit la faire sauter plusieurs fois de suite afin de conjurer le mauvais sort pour l’année à venir. Une vieille tradition rapporte que les paysans avaient coutume de le faire en tenant une pièce de monnaie dans la main gauche afin d’attirer sur eux bonheur et prospérité…