La question psy du 2 février 2014 -

«Mon ex-femme bafoue mes droits vis-à-vis de mes enfants»

«Mon ex-femme bafoue mes droits vis-à-vis de mes enfants»

Un papa ne peut pas accepter que ses droits vis-à-vis de ses enfants soient bafoués. Il en va de l’équilibre psychique de ceux-ci. Tomasz Trojanowski - Fotolia

Alain est confronté au refus de son ex-femme de lui laisser voir ses enfants durant le temps prévu. Quelle que soit l’origine de cette situation, il ne peut l’accepter. Il doit prendre sa place de père, dit la psy.

«J’ai deux enfants: Marie (14 ans) et Baptiste (12 ans). Je suis divorcé depuis fin 2004. Après une bonne entente jusqu’en juin 2013, je suis maintenant bafoué dans mes droits. J’ai une nouvelle compagne depuis avril 2013. Une dispute entre mon fils et le sien est restée figée depuis juin. Ensuite, mon ex-femme a tout bloqué et me diabolise aux yeux de mes enfants.»Alain

La réponse de Vanessa Greindl, psychanalyste

L’un des nombreux problèmes que vous abordez est celui de la relation avec vos adolescents. Vous parlez d’une convention d’hébergement secondaire depuis 2004 que leur mère veut réduire encore. Veut-elle donc les avoir chez elle à temps plein? Et au nom de quoi? À moins d’actes graves de votre part, il n’y a pas de raisons justifiant qu’un juge accède à cette demande, mais voilà bien le domaine de votre avocat.

Occuper sa place de père

Le mien, comme analyste, est de vous soutenir à occuper votre place de père. C’est essentiel pour la santé psychique de vos enfants, quelles que soient les critiques de ceux-ci à votre égard. Il arrive en effet qu’une mère, pour d’obscures raisons, estime à un moment donné que son enfant n’a plus besoin de père, voire que celui-ci serait purement nocif pour lui. Cette idée, très rarement exacte, peut provenir chez les femmes de cette tentation, le plus souvent inconsciente, d’être, comme au temps de la grossesse, tout pour leur enfant et seule aux commandes.

Lutter contre la toute puissance mythique

Ne pas vous positionner serait consentir à cela et livrer vos enfants à la toute puissance maternelle, avec leur accord bien entendu. Pour vos enfants, renoncer à l’attrait universel de la mère n’est pas simple, mais laisser leur mère avec son manque représenterait aussi pour eux un fameux pas. Vous opposer à elle, revendiquer votre désir de les connaître mieux et faire valoir vos droits de père, c’est aussi faire contrepoids à cette toute puissance mythique.

Pouvoir dire non à leur mère, demander à un juge de poser une barrière – car elle ne peut pas tout – les aidera dans leur processus de croissance. Car, pour grandir, il leur faudra aussi pouvoir lui dire non.

Envie de réagir face à la situation d’Alain? Elle vous inspire des cas connus, peut-être le vôtre, où le conjoint «monte» les enfants contre l’autre parent ou l’empêche de les voir? Quelles solutions? Laissez-nous votre avis sur le forum ou par courriel à questionpsy@lavenir.net. Votre réaction sera peut-être publiée dans le supplément Deuzio de L’Avenir du 8 février.

Retrouvez également les questions à Vanessa Greindl dans le mensuel «Psychologies Magazine» ou sur