La Comédie-Française s’ouvre au monde

La Comédie-Française s’ouvre au monde

Épouse de… Gérard Holtz, Muriel Mayette-Holtz préside aux destinées de la Comédie-Française depuis 2006. Avec un beau bilan.

Jadis recluse, la Comédie-Française va désormais vers le public. Qui le lui rend bien. Ses comédiens, eux, accèdent à la notoriété grâce à une plus grande liberté. Et au cinéma.

Vénérable institution largement tricentenaire, la Comédie-Française va bien, merci pour elle. Très bien, même, si l’on considère la place désormais occupée dans les médias par ses nombreux pensionnaires. Ils sont partout, les bougres. Et s’invitent même désormais dans les grosses productions du cinéma français, à l’image du travail effectué par Pierre Niney et Guillaume Galienne sur Yves Saint Laurent, le récent biopic du célèbre couturier français.

Une administratrice contestée

Simple épiphénomène? Pas forcément. Plutôt les fruits du travail fourni, depuis 2006, par Muriel Mayette-Holtz (par ailleurs épouse de… Gérard Holtz). Une enfant de la maison devenue pensionnaire à 21 ans, en 1985, et nommée administratrice – une première – en 2006. En une petite décennie, celle qui est aujourd’hui contestée par sa base (un comble) a replacé la Comédie-Française sur la carte de la culture.

Derrière une politique artistique «sans cohérence» selon ses détracteurs, elle lui a surtout donné un véritable coup de frais. En engageant quelques jeunes promesses, façon Pierre Niney. Mais aussi en intégrant des acteurs déjà reconnus, notamment au cinéma, et qui lui apportent aujourd’hui un supplément de notoriété, à l’image d’un Laurent Laffitte, un ancien élève de Muriel Mayette-Holtz, qui justifie: «Leur notoriété importe peu. Ce que je veux, c’est engager les meilleurs, c’est tout. »

« Théâtre, cinéma, télévision, c’est le même métier »

Et pour y parvenir, elle est prête à leur offrir beaucoup de largesses. Car si beaucoup de pensionnaires ont jadis quitté l’institution culturelle en raison du peu de temps que leur laissait le programme harassant imposé par celle-ci, Murielle Mayette-Holtz a, elle, décidé d’alléger les agendas. « Dès que je peux, dit-elle, je les laisse libres d’aller hors les murs.» Elle ne sait que trop bien que même sur un plateau de cinéma, ou de télévision, ils continuent de représenter leur «employeur». «Aujourd’hui, il faut considérer que le cinéma, la télévision ou la radio font partie du métier. »

Ça fait surtout la pub à la Comédie-Française, devenue un véritable label. Et qui ne se prive pas de soigner elle-même sa notoriété en s’offrant, par exemple, un spot publicitaire réalisé par Étienne Chatiliez et dans lequel Muriel Mayette-Holtz joue les femmes de ménage: « C’est vous dire si je m’investis! », plaisante-t-elle pour conclure.