Santé

Enfant et télé, attention danger

Enfant et télé, attention danger

Face à la violence à la télé, les enfants peuvent souffrir de troubles du sommeil. fotolia

La ministre de l’Audiovisuel de la FWB lance une campagne de sensibilisation pour protéger les mineurs face aux contenus télévisuels.

Attention, les enfants regardent! C’est en substance le message sur lequel la ministre de l’Audiovisuel de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Fadila Laanan, veut insister à travers une nouvelle campagne de sensibilisation destinée aux parents d’enfants mineurs. Car on a souvent tendance à l’oublier, la télévision véhicule parfois des images qui peuvent choquer.

Pascal Minotte en sait quelque chose. Ce psychologue et chercheur à l’Institut wallon pour la Santé mentale s’est spécialisé dans la cyber-dépendance. Mais entre un écran d’ordinateur, une tablette ou une télévision, l’écart est mince. «En tant qu’expert, on est parfois un peu surpris de ce que peuvent nous raconter des enfants lors d’une thérapie. Je me souviens d’un enfant racontant une scène dIndiana Jones. Il n’est pas rare aujourd’hui que certains évoquent des scènes des Experts, d’Esprits criminels ou de Bones.»

Agitation et troubles du sommeil

Pour Pascal Minotte, cette nouvelle campagne de la ministre n’est pas inutile. «Si ces dernières années, on a beaucoup orienté le débat sur le jeu vidéo et ses conséquences, il y a eu un peu une banalisation pour la télévision. Il ne s’agit pas d’angoisser les parents, mais d’attirer l’attention.»

Car les conséquences sur la santé de l’enfant sont là. Chez les enfants exposés à des programmes inadaptés, ce sont surtout des problèmes d’agitation et de sommeil que les thérapeutes constatent. Cela peut-il mener à des comportements plus violents plus tard? Pascal Minotte est moins catégorique. «Il n’y a pas moyen de trancher. Déjà parce que l’on ne sait pas mener une étude sur le long terme. Il y a une limitation méthodologique évidente. Ensuite, les écrans ne constituent qu’une partie du contexte éducatif. Enfin, dire aujourd’hui que la jeunesse est plus violente qu’avant est faux. Les statistiques à ce sujet sur les 30 dernières années sont stables.»

Pour en revenir à la télévision, une directive européenne de 2010 oblige les États membres à mettre sur pied une signalétique. C’est le cas en Fédération Wallonie-Bruxelles. «Et c’est déjà pas mal, convient le chercheur. Mais si vous prenez le cas du JT, il n’y a aucune signalétique. Et c’est normal, car les contenus sont fort différents d’un JT à l’autre. Mais certaines images sont parfois difficiles.»

Mais alors, à partir de quel âge l’enfant peut-il regarder le JT? «Pour le psychologue français et spécialiste de la question Serge Tisseron, ce n’est pas approprié avant 6 ans, répond Pascal Minotte. Moi, j’aurais même tendance à dire 10 ans. Récemment, les JT ont diffusé des images de ce terroriste qui a assassiné un militaire à Londres. Même en tant qu’adulte, ces images sont difficiles, alors vous imaginez pour un enfant…»

La campagne sera basée sur trois axes (voir encadré). Avec pour objectif d’attirer l’attention des parents sur certains points et sur l’accompagnement.