Voeux

REporters

Des vœux en veux-tu en voilà. Une rafale en mode électoral. Vite, avant que janvier soit terminé. Les partis se sont succédé cette semaine pour se pousser en campagne. Chacun l’a fait dans le genre qui le caractérise.

Chez les verts, on avait convié un lot de «représentants de la société civile». Écolo a sorti son nouveau concept, un rien complexe, «l’économie de l’intérieur». Hoyos a remis Deleuze à l’heure de l’Olivier. On a servi des lentilles, des soupes, des petites choses produites en «circuit court». Et pour tout dire, c’était très court.  

Le lendemain, Benoit Lutgen se lançait dans l’exercice. Dans un décor BD et orangé, le cdH a servi un menu interminable sur de belles nappes blanches posées sur des tables rondes. Benoit Lutgen bottait en touche les petits jeux de coalitions pour imposer son thème de campagne :la jeunesse.

On ne vous parle pas du MR. Les libéraux avaient devancé tout le monde. Charles Michel avait reçu, seul, et au siège du parti. De son côté et avant lui, Didier Reynders avait servi des centaines de verrines dans son palais de ministre des Affaires étrangères.

Et puis, ce fut le PS et ce fut l’apothéose, le doublé. Elio Di Rupo a parlé 17 minutes au Palais royal des «valeurs communes aux Belges», euthanasie des mineurs compris. CD & V et cdH, qui ont voté contre, sont repartis avec une tête jusque par terre. Et, au soir, Paul Magnette réunissait le ban et l’arrière-ban des forces vives socialistes pour célébrer le bilan magnifique d’Elio Di Rupo. Au PS, c’était sold out, on se marchait sur les pieds avec un bracelet rouge scotché au poignet. La bière coulait à flots.

Voilà. Le tour de chauffe de janvier est terminé. Tout le monde reprend son souffle. Chaque parti a prononcé ses vœux. Ils vont pouvoir monter en chaire de vérité et multiplier les homélies. La N-VA y est déjà. Bart De Wever, toujours avec une longueur d’avance, va occuper tout l’espace trois jours durant.