Arriérés judiciaires

Reporters

Nous avons tous, à un moment ou l’autre, entendu évoquer le fameux «arriéré judiciaire» et, dans la foulée, les syndicats de magistrats et autres avocats s’apitoyer et réclamer davantage de moyens (humains et financiers) afin de le résorber. .

 Petit conseil pour qu’à l’avenir ce genre de revendication vous fasse… sourire: allez passer une heure ou deux au tribunal lors d’une audience. Plus jamais vous ne considérerez la problématique avec le même regard.

Petit exemple à l’appui, un quelconque après-midi au tribunal correctionnel de Tournai. Sur onze affaires inscrites au rôle, donc censées être plaidées séance tenante (c’est le cas de l’écrire)… cinq ont été remises à des dates ultérieures. Et toujours pour des motifs plus futiles les uns que les autres: changement d’avocat en dernière minute, dossier mal transmis, etc.

Exemple encore plus édifiant: un avocat demande la remise afin de pouvoir prendre connaissance de l’étude graphologique effectuée durant l’instruction. Oui sauf que… il n’y a jamais eu d’étude graphologique réalisée dans le cadre de ce dossier. «Ce n’est pas sérieux», n’a pu s’empêcher de s’exclamer la présidente.

Et ne croyez pas qu’il s’agissait d’un après-midi particulier. Les habitués du palais vous diront qu’un report d’environ 50% des affaires programmées constitue non pas une exception, mais une moyenne.