Nous avons tous, à un moment ou l’autre, entendu évoquer le fameux «arriéré judiciaire» et, dans la foulée, les syndicats de magistrats et autres avocats s’apitoyer et réclamer davantage de moyens (humains et financiers) afin de le résorber. Petit conseil pour qu’à l’avenir ce genre de revendication vous fasse… sourire: allez passer une heure ou deux au tribunal lors d’une audience. Plus jamais vous ne considérerez la problématique avec le même regard.

Petit exemple à l’appui, un quelconque après-midi au tribunal correctionnel de Tournai. Sur onze affaires inscrites au rôle, donc censées être plaidées séance tenante (c’est le cas de l’écrire)… cinq ont été remises à des dates ultérieures. Et toujours pour des motifs plus futiles les uns que les autres: changement d’avocat en dernière minute, dossier mal transmis, etc.

Exemple encore plus édifiant: un avocat demande la remise afin de pouvoir prendre connaissance de l’étude graphologique effectuée durant l’instruction. Oui sauf que… il n’y a jamais eu d’étude graphologique réalisée dans le cadre de ce dossier. «Ce n’est pas sérieux», n’a pu s’empêcher de s’exclamer la présidente.

Et ne croyez pas qu’il s’agissait d’un après-midi particulier. Les habitués du palais vous diront qu’un report d’environ 50% des affaires programmées constitue non pas une exception, mais une moyenne.

Jeu de rôle en costumes d’époque

D’une manière générale, aussi longtemps que ces gens persisteront à se déguiser en pingouins pour effectuer leur boulot (même les prêtres ont abandonné la soutane depuis plus de trente ans), aussi longtemps qu’ils feront une courbette devant le président de séance au moment de quitter la salle (même la génuflexion n’est plus en vigueur devant le maître-autel), aussi longtemps qu’ils feront tout leur possible pour utiliser un langage volontairement incompréhensible pour le commun des mortels (même la messe en latin est abandonnée depuis Vatican II); bref, aussi longtemps que la justice en restera à des modes de fonctionnement du XVIIIe siècle, qu’elle ne s’étonne pas que de moins en moins de citoyens croient en elle.

Des sous pour les uns, plus de sous pour les autres

En décembre dernier, n’écoutant que son grand cœur (ce n’est quand même pas lui qui paie), Marc D’haene se prononçait pour une augmentation de la cotisation pecquoise au profit de No Télé et ce à hauteur de 3 euros par habitant; au diable l’avarice! Il avait même inscrit la somme au budget, puis l’avait retirée au terme de la saga que vous connaissez. Or, dans le même temps ou presque, le bourgmestre de Pecq n’arrête pas d’annoncer que, pour raisons financières, il va sans doute falloir licencier des membres du personnel communal.

Voilà sans doute ce que l’on appelle «avoir le sens des priorités politiques».

La presse régionale vue par Coppens

Tiré de son dernier spectacle (Trac!»), voici la vision du petit monde de la presse régionale, vue par Bruno Coppens: « Et que lit-on dans Vers L’Avenir? On lit que le Nord est clair, que le Sud presse et que La Dernière Heure est arrivée», sans oublier que «No Télé tond»!

Tournai-la – (pou) belle

Tournai ville propre? Si vous êtes passé par le hall des sports le week-end dernier, le slogan n’a définitivement plus de sens pour vous. La honte! Même la banlieue d’une ville roumaine doit désormais faire meilleure figure au niveau de la propreté. Les premiers responsables sont naturellement ces cochons à deux pattes qui balancent papiers gras, cannettes et autres crasses. Mais dès lors qu’une ville a mis la propreté au rang de ses priorités, on ne peut s’empêcher de tirer un triste constat d’échec.

Le week-end dernier, le club de handball de Tournai accueillait au «babache hall» la formation de Tongres. On imagine les commentaires et l’image que les Limbourgeois ont, et conserveront, de «Tournai-la – (pou) belle»

1-0, balle au centre

Pour celles et ceux qui en douteraient, la politique, même au niveau local, n’est pas un monde de bisounours où tout le monde s’embrasse sur la bouche.

Voyez, à titre d’exemple, mais ils sont légion, cet échange «facebookien» entre Philippe Bracaval (MR) et Gaëtan Vannaeste (PS) à propos de l’école des Sports qui a fait débat cette semaine à Mouscron: «L’ignorance abyssale dont l’ancien échevin des Sports que tu es fait preuve, à propos du mode de fonctionnement de l’École des Sports, me sidère. A ta décharge, tu n’avais pas l’enseignement dans tes compétences, ce qui tend à prouver que le PS peut parfois faire des choix judicieux…»

1-0, balle au centre!

La pensée de la semaine

La citation est de Jean-Pierre Lutgen, le frère de l’autre, celui qui fait des montres (Ice-Watch) et elle nous semble au moins digne d’intérêt, voire traduire de manière pertinente une opinion ressentie au fil de notre actualité politique de ces derniers mois. Nous vous la soumettons: « La Flandre attend autre chose de la Wallonie et beaucoup de Wallons attendent aussi autre chose de la Wallonie. Je suis convaincu que s’il y avait d’autres attitudes économiques en Wallonie, le nationalisme flamand diminuerait fortement».