COURT-SAINT-éTIENNE - Cour d’appel

L’ex-huissier, Marc Guiot, en cavale !

L’ex-huissier, Marc Guiot, en cavale !

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Il fait défaut à son procès où 5 ans ferme ont été requis. Depuis une dizaine de jours à peine, il est radié de son dernier domicile connu, à Court.

«La motivation du premier jugement est excellente et je la signerais volontiers. Mais je ne comprends toujours pas la sentence. Si l’on dit, mot pour mot, que les faits sont d’une gravité extrême dans le chef d’un homme de loi chargé de veiller à l’exécution des décisions de justice, la peine de 2 ans, même ferme, est par trop dérisoire! Je requiers 5 ans, sans davantage de sursis», indiquait en début de semaine le procureur général Patrick Carolus devant la cour d’appel de Bruxelles. L’ex-huissier Marc Guiot, 52 ans, devait être sur le banc des prévenus, mais il était absent. Disparu! Le 17 janvier, il s’est fait radier de son dernier domicile connu, avenue des Combattants, à Court-Saint-Étienne. Avant, il a longtemps vécu à Lasne. Et le siège de son agence immobilière MG Properties, en liquidation, était à Ohain.

Car, de fait, l’ancien commissaire de la PJ de Bruxelles, remercié après une inculpation pour escroquerie – dans les années 80 -, avait l’habitude de s’asseoir sur les lois. Il va sans dire qu’un officier public ne peut pas occuper de fonction rémunérée dans le privé. Il n’en eut cure puisqu’il fut aussi manager d’un pilote de Formule 1 et patron de deux showrooms! Le tout grâce à des «gérants poulets» comme l’on dit dans le jargon, c’est-à-dire des hommes de paille.

Quand il a été placé sous mandat d’arrêt, en 2005, le monde judiciaire est tombé à la renverse, face à autant d’audace. Les clients de son étude d’huissier ne se sont, eux, jamais remis. Car chaque centime disponible a été embarqué dans sa fouille. À l’insu de certains d’entre eux, dans le Brabant wallon principalement, des biens immobiliers ont été vendus. Pour détourner l’oseille, bien entendu.

Les plaintes se sont accumulées à Bruxelles et à Nivelles. Total: 7 millions d’euros évaporés. C’est dans la capitale que l’enquête a été coordonnée.

Se disant sans le sou, Guiot avait plaidé son dossier sans avocat devant le tribunal correctionnel en novembre 2012: 2 ans sec. Cette fois, la note s’annonce plus lourde. De son côté, Me Yves Bertrand a plaidé la confirmation de l’acquittement de l’ex-épouse du quinquagénaire.

Arrêt début mars.