Agriculteurs

Agriculteurs : primes pour les 18 % de 65 ans et plus ?

Agriculteurs : primes pour les 18 % de 65 ans et plus ?

Archives EdA

Les chiffres sont là: 18% des agriculteurs ont plus de 65 ans. Pensionnés ou pas. Questions: sont-ils actifs et quid des primes?

Un peu moins d’un cinquième des 13 306 agriculteurs wallons a plus de 65 ans. Quand on sait que le gâteau des primes rapetisse mais qu’il y a toujours autant de monde autour de la table, on regarde son voisin avec un féroce appétit. Et certains lorgnent du côté de ces fameux «plus de 65 ans», pensionnés ou pas. D’autant plus qu’ils se partagent quand même 5% du gâteau européen dévolu à la Région wallonne.

Un agriculteur actif ?

La solidarité devient toute relative: «Certains sont pensionnés mais conservent l’exploitation de leurs hectares. On peut les comprendre dans la mesure où mettre leurs terres en location les priverait de toute latitude ultérieure. Louées, ces terres tombent rapidement sous le coup d’un bail à ferme, ce qui veut dire qu’elles sont “ paralysées ” pour de nombreuses années.» En attendant, ces «+ de 65 ans» actifs peuvent demander et bénéficier des primes. Ce qui rend ronchon ceux qui sont actifs à 100%.

D’où l’importance de ce qui est en train de se concocter au sein du cabinet du ministre Carlo Di Antonio. Et plus spécifiquement la fameuse définition de l’agriculteur actif. D’autant plus quand on sait que cette définition permettra l’accès à la surprime aux 50 premiers hectares. Cela va-t-il vraiment profiter aux exploitations agricoles familiales.

Alors, on regarde ce que l’on peut gagner à gauche ou à droite. Donc chez ses fameux plus de «65 ans». «Ne serait-il pas plus juste pour ceux qui sont à temps plein sur leur exploitation de supprimer les primes pour ceux-là?»

La tentation risque d’être tuée dans l’œuf: l’Europe ne semble pas permettre ce genre d’ostracisme.

Même raisonnement pour ceux qui ne sont pas full-time, soit 25% des exploitations? Ce ne sera pas simple non plus, quand on sait qu’en Autriche, par exemple, 90% des exploitations sont «à temps partiel».

Alors? Pour éviter de vouloir défenestrer les anciens, c’est, comme nous l’avons déjà écrit, le bail à ferme en lui-même qui doit être revu de fond en comble, c’est se pencher sur la fameuse définition de l’agriculteur actif, c’est regarder du côté de la Suisse et de ses unités de main-d’œuvre standard et de ses unités de production.

En attendant, il ne faut pas louper sa cible et la priorité du ministre qui sont les exploitations familiales.

De nouvelles cibles ?

Alors, on se met à lorgner vers de nouvelles cibles comme ses sociétés de gestion foncière qui aident les propriétaires fonciers à gérer leurs biens sans être lié par un bail à ferme. Toujours ce bail à ferme.

En attendant, le temps presse: 6% des agriculteurs ont moins de 35 ans. Et les jeunes ne se pressent pas au portillon pour reprendre une exploitation.