Mot contre mot

Charles Ducal Merlijn Doomernik

Journée du poème et poésie dans le journal: l’occasion d’une courte réflexion sur la parole du poète vis-à-vis de la langue des médias.

MOT CONTRE MOT

De tous les mots les nôtres sont les plus faibles,

même si sans conteste ils siègent dans la bouche.

Nul ne leur répond, nul ne les viole.

Ils embrassent les étoiles, ils vivent hors terre.

 

D’autres mots remuent bras et jambes,

bourrent des crânes, enflamment la gorge.

Une lame dans le dos peut se dire caresse,

un pied dans le ventre échange nécessaire.

 

L’autre mot ne rime pas, il prouve tout court

que la réalité concorde avec votre journal.

Il pousse sur vos yeux, la télé s’allume,

et vous éblouit. Il nous rend obscurs et anxieux.

 

Voici la version originale du poème en néerlandais.

 

WOORD TEGEN WOORD

 

Van alle woorden zijn de onze de zwakste,

al liggen zij ontegensprekelijk in de mond.

Niemand verhoort ze, niemand verkracht ze.

Zij kussen de sterren, zij hebben geen grond.

 

Andere woorden bewegen armen en benen,

vullen schedels, ontsteken de keel.

Een mes in de rug kan vertaald als een streling,

een schop in de buik als noodzakelijk verkeer.

 

Het andere woord rijmt niet, het bewijst zonder meer

dat de werkelijkheid strookt met uw krant.

Het drukt op uw ogen, de startknop van uw tv,

en licht op. Het maakt ons duister en bang.

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