POLITIQUE

Modrikamen sûr « à 99 % » de se présenter dans le Hainaut

Modrikamen sûr « à 99 % » de se présenter dans le Hainaut

Modrikamen prêt à flinguer le PS sur ses terres? Reporters

Ce sera une des infos politiques du jour. Le boss du Parti Populaire, Mischael Modrikamen, se présenterait sur les listes pour les élections législatives dans le Hainaut. Il le confie à SudPresse, ce matin. «On attaque le PS dans son fief», dit-il.

Pour ceux qui ne l’auraient pas compris, la campagne électorale... on est en plein dedans. Les révélations et coups marketing se succèdent. Le PTB qui présente ses soutiens, Écolo son programme, le MR ses affinités flamandes, etc. Voilà donc que le PP y va aussi de son scud politique, Modrikamen irait combattre en Hainaut.

Il s’explique dans SudPresse: « C’est dans le Hainaut que les dégâts de la politique du parti socialiste se font le plus sentir. […] Je suis carolo, moi. J’ai vécu là jusqu'à 18, 19 ans. Je suis triste et en colère de voir l’état de cette ville, du commerce, de la population.»

Ce choix, finalement, n’est pas étonnant. Pour le PP, le PS (mieux, l’État PS) est à l’origine de tous les maux en Wallonie. C’est sa bête noire. Comme l’explique Modrikamen, en se présentant en terres hennuyères, il monte au front, en première ligne. Il espère attirer sous sa bannière les déçus du PS avec un discours qui, selon lui, pourrait séduire ceux qui votaient rouge.

Le week-end dernier, le PP s’est ainsi déjà attaqué à Charleroi avec une manifestation qui a regroupé une centaine de manifestants (or, «ils avaient annoncé leur présence à quarante» se félicitait Le Peuple, l’organe du parti). Le mot d’ordre, c’était: «Nous allons démagnétiser Charleroi». Luc Trullemans menait le cortège…

Les attaches de Modrikamen à Charleroi? Elles sont réelles… Tout autant que ses racines familiales...socialistes qu’on peut trouver sur le site de l’institut Jules Destrée qui consacre une page au père de Mischael Modrikamen, Marcel:

Engagé dans le mouvement socialiste après la Libération, Marcel Modrikamen s’investit dans les secteurs du syndicat et des mutualités, ainsi que dans l’action wallonne au tournant des années’60. Employé dans la sidérurgie – il est comptable à Hainaut-Sambre –, délégué puis permanent Setca, membre du comité central d’Action wallonne (1962-1964), membre du comité régional d’Action wallonne de Charleroi (1962-1964), il y représente le SETCa.

Membre du comité d’organisation et de l’exécutif de la régionale de Charleroi du Mouvement populaire wallon, vice-président de la régionale de Charleroi du SETCa (1961), il prend une part active dans le succès du pétitionnement d’octobre-novembre 1963. Délégué syndical à Hainaut-Sambre, il devient échevin socialiste de Couillet et bras droit de Fernand Pirsoul au SETCa (1970). Il sera aussi bourgmestre de Couillet.

Président de la fédération des Mutualités socialistes de Charleroi (1984-1995), président de l’Institut hospitalier Gailly, il démissionne de tous ses mandats et de toutes ses fonctions en 1991, au lendemain d’une tentative de meurtre dont il est la cible principale. La presse parla à l’époque d’une affaire de fraude que Modrikamen aurait découverte et dénoncée au sein de l’Institut Gailly, mais l’histoire ne sera jamais tirée au clair, Marcel Modrikamen décédant en 1995.