Les signalements d’excision au GAMS (Groupe pour l’abolition des mutilations sexuelles) et à Intact, deux associations luttant contre les mutilations sexuelles, sont passés de quelques-uns à une trentaine en trois ans.

Signe que la formation des professionnels s’accroît mais encore insuffisamment par rapport aux quelque 2 000 fillettes jugées à risque dans le pays, ont témoigné lundi ces deux associations.

«On peut mettre cette hausse en rapport avec l’augmentation des formations aux professionnels», a estimé Fabienne Richard (GAMS) devant le comité d’avis du parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles et la commission de la santé et de l’égalité des chances.

«Elle atteste aussi que notre système de prévention n’est pas suffisant», a-t-elle ajouté. L’excision est interdite depuis 2001 en Belgique mais fait toujours l’objet de peu de plaintes, alors qu’on estime à 2 000 le nombre de fillettes à risque dans leur famille.

Les associations recommandent d’intégrer cette question à la formation initiale des assistants sociaux, infirmiers, juristes, etc, et de prévoir des personnes de référence pour ces professions. Bilan de santé pour primo-arrivants, évaluation sur base d’une échelle de risque, mais surtout une chaîne de prévention hôpitaux-ONE-médecine scolaire s’imposent selon elles.

«Le transfert d’informations est trop faible entre ces institutions», insistent les associations.

Elles demandent aussi d’aborder la problématique dans l’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle à l’école.