Aéroports

Un Auvelaisien pour développer l'aéroport de Lille

Un Auvelaisien pour développer l'aéroport de Lille

Le «réel potentiel de développement» qu’il a perçu à Lille a poussé Pierre Fernemont à revenir à ses amours aéroportuaires.

Pierre Fernemont va diriger le marketing et le développement de l’aéroport de Lille. Fort, notamment, de son expérience carolo.

Il a fait ses adieux, ce vendredi, à la Sonaca, à Charleroi, «que je quitte dans les meilleurs termes, après cinq ans où j’ai chaque jour été impressionné par l’extraordinaire savoir-faire qu’on y trouve».

Et lundi, l’Auvelaisien Pierre Fernemont va prendre ses fonctions de responsable du marketing et du développement de l’aéroport de Lille. Fort de son expérience des relations humaines dans le secteur aéronautique, et peut-être plus encore des huit années où il a pris en charge la communication du Brussels South Charleroi Airport. Huit années «où nous sommes passés de 211 000 à plus de 3 millions de passagers l’année», rappelle-t-il.

Au cœur de sa région

Avec 1,7 million de passagers en 2013, Lille-Lesquin est le onzième aéroport régional français. Des compagnies charters y opèrent – Thomas Cook Airlines Belgium vient d’y annoncer la desserte de treize destinations à dater du 19 avril (cf. nos éditions de mercredi) – et diverses compagnies low-cost y sont également présentes: easyJet, Ryanair, Vueling, Volotea et Transavia.

«Il y existe un réel potentiel de développement», professe Pierre Fernemont. Un développement basé d’abord «sur l’implantation durable du modèle low-cost en Europe, spécialement sur le trafic Nord-Sud. Il est loin le temps où les aéroports grecs refusaient ces compagnies: ils leur déroulent maintenant le tapis rouge, pour stimuler la relance du tourisme . »

Et puis, l’aéroport de Lille est bien implanté au cœur de sa région, le Nord-Pas de Calais, «où on recense plus de cent sociétés dont le chiffre d’affaires dépasse le milliard d’euros.»

Hors périodes de pointe estivales, l’aéroport lillois est loin d’être saturé. Doté d’une belle capacité de parking, il est ouvert 24 heures sur 24, et ses pistes développent 2 800 mètres, ce qui assure une zone de sécurité de 3 100 mètres.

Pour autant, la politique de développement que Pierre Fernemont – approché le 25 octobre par Jean-Christophe Minot, le patron de l’aéroport, et qui a accepté sa proposition le 9 novembre – entend mener ne sera pas agressive: «Nous voulons créer une étape intermédiaire entre Roissy-Charles de Gaulle et Bruxelles-National. Et la clientèle que nous ciblons vit dans un rayon de soixante kilomètres autour de Lille.»

Il n’empêche, l’offensive se dessine déjà quand il relève que «ce vendredi matin, les 111 minutes de temps de parcours supplémentaires vers Zaventem ont dû faire manquer leur avion à un certain nombre de voyageurs. L’accès à Lille est toujours aisé.» Ou quand il relève que le débarquement inattendu de Ryanair à Bruxelles-National «rebat les cartes dans le secteur, et qu’on n’en mesure pas encore toutes les conséquences». Si la halte de Lille est familière aux usagers de la grande vitesse ferroviaire, la cité nordiste veut aussi faire son trou dans le ciel européen.