AGRICULTURE

Le « PACte » des agriculteurs wallons

Le « PACte » des agriculteurs wallons

L’Europe permet de modifier le système d’ici 2017. Ce qui laisse peut-être le temps d’éviter de nouvelles faillites. EdA

Les aides directes de l’Europe aux agriculteurs wallons iront prioritairement aux plus petites exploitations. L’accord passe. Tout juste.

Face à la presse, les syndicats agricoles ne sont pas tous présents aux côtés du ministre wallon de l’Agriculture Carlo Di Antonio. Au moment de présenter le compromis sur la répartition des aides européennes associées à la nouvelle Politique agricole commune (la PAC 2015-2020), il manque le plus imposant des représentants, la Fédération wallonne de l’Agriculture, la FWA.

La pomme de discorde (à nuancer): les surprimes aux premiers hectares, qui favorisent clairement les petites et moyennes exploitations.

Les gros et les petits…

Après une bonne dizaine de réunions, le ministre et les syndicats (*) sont tombés d’accord lundi soir sur le premier pilier de la future PAC, soit les aides directes. Ces aides sont en baisse de 11,2%. Mais l’enveloppe reste conséquente: 2 milliards€ pour la Wallonie d’ici 2020.

Le ministre n’a jamais caché ses préférences. «On a toujours dit qu’il fallait soutenir une agriculture familiale, à taille humaine. Ici, on pouvait le faire concrètement, passer des paroles aux actes, se félicite Carlo Di Antonio. Mais quand 20% d’une enveloppe fermée sont consacrés à cela, il reste forcément moins pour les grandes exploitations», convient-il.

Or, la FWA, en tant que syndicat majoritaire, compte parmi ses membres à peu près tout ce qui compose l’agriculture wallonne. Y compris les gros exploitants, comme les céréaliers. La surprime aux 50 premiers hectares par agriculteur ne leur est pas favorable.

La Région wallonne est libre de moduler cette aide spécifique, par ailleurs facultative, jusqu’à un plafond de 30% de l’enveloppe globale. Pour certains syndicats, comme la Fugea (Fédération unie de groupements d’éleveurs et d’agriculteurs), il fallait «voir grand pour les plus petits» et viser les 30%. La FWA optait plutôt pour du 10%. Maximum 15%.

L’accord s’est finalement conclu sur 20%. Pour quel type d’exploitation? Toutes, sans restriction. «Mais quand on a moins de 70 ha, on y gagne. Au-delà, on commence à perdre », explique Di Antonio. Taille moyenne des exploitations wallonnes: 54 ha.

À revoir en 2016 ?

La FWA fait savoir qu’elle ne conteste pas le compromis et soutient même sans réserve tout le reste de l’accord. Pour la surprime aux premiers hectares, «elle prend acte des ouvertures formulées par le ministre.» Comme cette possibilité de rééquilibrer tout ça en 2016 pour janvier 2017. « On pourrait revoir la surprime à ce moment-là, avec 15% de l’enveloppe au lieu de 20%», note le ministre. «Nous voulons rassurer ceux qui se sentent en danger. » Petits et grands.

En attendant, l’accord sera soumis au gouvernement wallon la semaine prochaine. Ensuite il sera défendu auprès de l’Europe, pour entrer en vigueur en janvier 2015.

(*) FWA, UAW, FJA, Fugea, Unab, Bauernbund.