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Marc Metdepenningen «harcelé»: «Laurent Louis devrait être interné»

Marc Metdepenningen «harcelé»: «Laurent Louis devrait être interné»

Le journaliste Marc Metdepenningen se dit harcelé au quotidien par Laurent Louis. Belga

Chambre du conseil de Bruxelles: la partie civile estime que Laurent Louis doit être interné. Le journaliste Marc Metdepenningen se dit harcelé «presque tous les jours». Le ministère public souhaite le renvoi de Laurent Louis en correctionnelle.

La partie civile, le journaliste du Soir Marc Metdepenningen, a plaidé l’internement du député fédéral Laurent Louis ce mardi devant la chambre du conseil de Bruxelles. Le député indépendant est inculpé de recel de pièces du dossier Dutroux, mais aussi de calomnie envers Marc Metdepenningen et d’outrage envers le Premier ministre, Elio Di Rupo. Le parquet a quant à lui demandé le renvoi de Laurent Louis devant le tribunal correctionnel.

«Laurent Louis m’accuse d’avoir protégé pendant de nombreuses années des pédophiles et il a utilisé toutes les voies de communication possibles pour propager cela», a expliqué le journaliste.

«Cela signifie que je suis harcelé presque tous les jours par téléphone et par email. Je reçois des menaces. Monsieur Louis doit arrêter cela. C’est un non-sens. J’ai demandé qu’il soit interné», a-t-il déclaré.

Le ministère public, lui, souhaite le renvoi de Laurent Louis en correctionnelle, et la défense de ce dernier, Me Sébastien Courtoy, a confié qu’il plaiderait l’acquittement de son client devant le juge du fond.

«J’invoquerai notamment l’incompétence du tribunal. Certains propos de mon client ont été prononcés par voie de presse, il s’agit donc de délit de presse, relevant des assises. Mais il est en tout cas grotesque d’insinuer que mon client est fou et qu’il est un danger pour la société», a expliqué l’avocat.

«Quant aux photos des autopsies de Julie et Mélissa que Laurent Louis a montrées lors d’une conférence de presse, je rappelle que ces pièces avaient déjà été dévoilées lors du procès de Marc Dutroux aux assises d’Arlon. Le contenu de l’enquête et des expertises avaient déjà été rapportés dans la presse», a ajouté Me Courtoy.

Laurent Louis, lui, a réaffirmé ses idées et ses convictions, mardi, à l’issue de l’audience. «Je soutiens qu’il faut rouvrir l’enquête sur les réseaux pédophiles», a-t-il dit. «Je suis droit dans mes bottes. Je me bats pour que la vérité soit dite concernant des manipulations et des dysfonctionnements de la justice et de la société», a-t-il encore déclaré.

Lors d’une conférence de presse, en avril 2012, Laurent Louis avait dénoncé l’existence de réseaux pédophiles et avait montré deux photos provenant du rapport d’autopsie de Julie et Melissa pour étayer son propos.

Il est donc aujourd’hui poursuivi pour recel de pièces d’un dossier judiciaire.

Il est également poursuivi pour outrage au Premier ministre, Elio Di Rupo, qu’il a traité de pédophile, mais encore pour calomnie envers le journaliste du Soir Marc Metdepenningen qu’il avait qualifié de «protecteur des pédophiles».

La levée d’immunité parlementaire de Laurent Louis avait été décidée en décembre dernier, afin de permettre qu’il réponde de ces accusations devant la justice.

Sur un plan politique, Laurent Louis, député indépendant, élu en 2010, s’est dernièrement fait remarquer en faisant la quenelle à la tribune du Parlement. Laurent Louis a encore répété ce geste, mardi, à l’intérieur du palais de justice de Bruxelles.