Entreprise

370 emplois menacés chez Makro, dont 95 à Alleur et 59 à Lodelinsart

La direction de Makro Cash & Carry a fait part lundi après-midi de son intention de réorganiser sa filiale belge aux représentants du personnel.

Plus d’un dixième des effectifs de la société pourrait être concerné par le plan de restructuration, soit 370 travailleurs, dont 95 sur le site d’Alleur. Quelque 59 emplois seraient menacés dans le magasin de Lodelinsart (Charleroi), a aussi affirmé mardi un permanent CSC carolo. Une trentaine de personnes pourraient vraisemblablement y être prépensionnées, a indiqué le permanent. Jeudi, un conseil d'entreprise est programmé sur le site hennuyer.

Présent depuis 1970 en Belgique, Makro, propriété du groupe allemand de distribution Metro, compte aujourd’hui un magasin à Alleur, Deurne, Eke, Lodelinsart, Machelen et Leeuw-Saint-Pierre.

La direction justifie son intention de réorganiser l’entreprise par l’émergence du commerce en ligne et la demande du consommateur «d’un service élargi, d’un plus grand confort et d’une mobilité accrue». La crise économique est également évoquée.

Parmi les grands axes de son plan, Makro prévoit notamment d’adapter la structure interne de chaque magasin afin de générer «un meilleur flux logistique et une qualité de service renforcée». Plusieurs services généraux vont être centralisés comme le call center, la comptabilité et l’administration des salaires.

«Il s’agit d’une restructuration qui comprend notamment le regroupement de différents services, actuellement prestés en magasin», explique Myriam Nevelsteen, secrétaire du syndicat chrétien LBC.

Les discussions devront révéler si la direction souhaite réellement éviter des licenciements secs, comme elle l’a indiqué dans l’après-midi, estime Mme Nevelsteen. «Nous allons étudier les différentes pistes possibles au cours des négociations à venir.»

La syndicaliste n’est toutefois qu’à moitié surprise par l’annonce de Makro. «Nous pensions depuis un temps déjà qu’il y avait des problèmes, mais les licenciements nous ont tout de même étonnés.»

Plusieurs assemblées du personnel ce mardi

Les assemblées générales du personnel se succèdent, mardi, sur le site du Makro de Alleur. La direction du magasin a expliqué aux travailleurs les raisons qui poussent le groupe à se séparer de 95 postes sur les 407 que comptent l'implantation liégeoise.

Mardi, à 10h00, une première assemblée générale du personnel a débuté sur le site du magasin. Une autre a suivi à 13h00 et deux sont encore prévues, l'une à 16h00 et la dernière à 11h00 mercredi matin.

L'annonce effectuée lundi par la direction a surpris les travailleurs et leurs représentants syndicaux. "Nous avons surtout été étonnés par l'ampleur de ce qui a été mis sur la table, car il n'y a pas que la restructuration, mais aussi toute une série de mesures liée au fonctionnement", a détaillé Jean-Paul Chanteux, secrétaire permanent CNE.
"Pour l'instant, la direction ne nous a pas donné de justifications supplémentaires par rapport à la situation liégeoise", ajoute Francis Allemand, secrétaire permanent Setca.

"J'imagine qu'il s'agit d'un problème de chiffre d'affaires et de concept du magasin."
La direction envisage de rapatrier les activités non alimentaires du site liégeois sur le même site que son magasin alimentaire. "Et ainsi supprimer des postes qui feraient doublon", a estimé Jean-Paul Chanteux. "Le site d'Alleur deviendrait ainsi un centre pilote du fonctionnement futur de Makro. Mais si on fait des travaux d'une telle ampleur, comment assurera-t-on la continuité de l'activité durant les travaux ?"

Les syndicats affirment rester vigilants et étudieront les possibilités de solutions aux licenciements.


Le PTB réagit: "Les travailleurs trinquent pour satisfaire les actionnaires"

Le PTB dénonce mardi la restructuration annoncée par le groupe Makro dans ses six implantations en Belgique, alors qu'il a réalisé un bénéfice de près de 21 millions d'euros en 2012.

Se basant sur les résultats annuels de Makro Cash & Carry Belgium disponibles sur le site de la Banque nationale de Belgique, le PTB souligne que le groupe de distribution a réalisé en 2012 un bénéfice de 20,6 millions d'euros. Un bénéfice toutefois en baisse de près de 2 millions d'euros par rapport à l'année précédente.

Le parti de gauche affirme également que l'entreprise a redistribué 46,7 millions d'euros de bénéfices à sa maison mère allemande. Toujours en 2012, Makro Belgique a réalisé un chiffre d'affaires de 1,2 milliard d'euros, en diminution de près de 6,5 millions par rapport à l'exercice 2011.

Pour le PTB, il s'agit d'un cas "typique d'une entreprise qui fait du bénéfice et qui malgré tout décide de supprimer des emplois". Il juge que "les travailleurs trinquent pour satisfaire les actionnaires".

Le parti souhaite mettre fin à ces pratiques et estime que les sociétés bénéficiaires sur les derniers exercices devraient être interdites de licenciements. Il propose d'envisager une loi allant en ce sens.