CINEMA

Le Super-Zèbre de Benoît Mariage

Le Super-Zèbre de Benoît Mariage

Chemise ouverte et chaîne en or qui brille: Benoît Poelvoorde est José Stockman.

Le nouveau film du Namurois Benoît Mariage ne sort que début février. Mais nous l’avons déjà vu. Et beaucoup aimé.

 

Il faut bien le reconnaître: la dernière collaboration entre Benoît Mariage et Benoît Poelvoorde avait laissé le spectateur sur sa faim: ni tout à fait drame, ni totalement comédie, Cow Boys avait désarçonné, sinon déçu. C’était en 2007, déjà. Six ans plus tard, revoici le duo des Benoît namurois aux commandes d’une comédie sur le monde (im) pitoyable du football, Les rayures du zèbre. Et s’il ne sort que le 5 février, nous avons déjà eu l’occasion de le découvrir hier dans une salle bondée de journalistes de tous poils.

Verdict? S’il ne se hisse pas à la hauteur des Convoyeurs attendent, un ballon d’essai devenu coup de maître, le film risque bien de constituer la première bonne surprise de l’année. Premier constat, et il est d’importance: on rit beaucoup. Et ça faisait longtemps. Il faut dire que Mariage, toujours aussi précis dans ses cadrages malgré des conditions de tournage apparemment difficiles, verse cette fois clairement dans la bonne vieille comédie populaire.

Mais il a pour lui une arme de la plus grande efficacité: un Benoît Poelvoorde qui cabotine comme en ses plus beaux jours, flanqué d’une petite moustache du meilleur effet et d’une chaîne en or à faire pâlir Akhénaton (le rappeur, pas le pharaon) de jalousie. En somme le parfait attirail de l’agent de joueur, qu’il campe ici brillamment. Appelez-le José. José Stockman, manager véreux qui met la main sur ce qu’il pense être une pépite venue de Côte d’Ivoire, Yaya Koné. Et se précipite de le caser au Sporting de Charleroi.

En plus de dépeindre assez justement – quoiqu’on frise parfois la caricature, mais c’est le jeu – un milieu où tous les (mauvais) coups sont permis, Benoît Mariage pose un regard plein de tendresse sur ses personnages. Vivement février.