175 réfugiés sélectionnés depuis 2009

La famille de Méthode fait partie des 51 réfugiés qui ont dernièrement pu bénéficier de la procédure de réinstallation. eda E. H.

175 réfugiés ont été sélectionnés grâce à la procédure de réinstallation. En novembre, Méthode et sa famille ont été choisis dans un camp au Burundi.

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Dans un froid automnal, c’est le 13 novembre que Méthode, son épouse Christine et leurs quatre enfants ont découvert la Belgique et le centre Fedasil de Pondrôme (Beauraing). Dans une valise, ils tiraient leurs maigres biens et avaient abandonné bien plus au Congo: une maison, une famille et surtout énormément de mauvais souvenirs. Depuis 1996, suite aux affrontements tribaux qui ont déchiré son pays, Méthode avait rejoint les camps de réfugiés de Tanzanie et du Burundi après que ses parents aient été égorgés par ses oncles.

Au cours des dernières semaines, 51 réfugiés congolais ont été accueillis en Belgique par le biais de la réinstallation, une procédure qui permet aux réfugiés d’être «invités» par le pays accueillant. La famille de Méthode ne sera donc pas passée par un long voyage chaotique. Elle n’aura pas été contrainte de rétribuer un passeur douteux, elle n’aura pas zoné pendant des jours avant de frapper à la bonne porte d’accueil. La réinstallation permet d’accueillir dignement des demandeurs d’asile qui auront été «sélectionnés» directement sur le terrain par le CGRA (Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides). Dans quelques jours, ces demandeurs qui ont acquis le statut de réfugié seront accueillis dans des logements mis à disposition par cinq CPAS wallons.

Cette procédure est soutenue par le HCR, le Haut commissariat aux réfugiés, et plusieurs pays occidentaux y ont adhéré. Nicolas Genin, le directeur du centre Fedasil de Pondrôme, a accompagné cette procédure innovante et s’est rendu dans la région de Muyinga, au Burundi, lors de la sélection des candidats.

Des quotas établis

Lors de conflits, les mouvements de réfugiés se font d’abord vers la zone la plus proche. Le HCR veille d’abord à permettre à ces personnes déplacées de retrouver leur terre natale. Si ce n’est pas possible, le HCR tente de les intégrer là où ils se sont réfugiés. «Il reste finalement une 3e alternative, précise Nicolas Genin. Celle de faire appel à un autre pays qui accepte de prendre un quota de réfugiés.» Les États-Unis, l’Australie, le Canada et des membres de l’Union européenne ont adhéré au projet. «La Belgique s’est inscrite dans des programmes d’observation depuis 2007.» En 2009, 50 Irakiens ont été accueillis. En 2011, suite à la guerre en Lybie, 25 autres réfugiés ont été admis. En 2013, 100 réfugiés ont bénéficié de cette procédure de réinstallation. Cette année, il y a en aura encore 100: 70 Syriens et 30 venus de la région des Grands lacs. Et on devrait passer à 250 par an dans les prochaines années. La mise en place de cette procédure plus humaine est encore assez timide chez nous alors qu’elle est beaucoup plus avancée aux Pays-Bas où 2 000 personnes ont été accueillies en trois ans.

Quels critères ?

Cette sélection, si elle est heureuse pour les candidats reçus, reste interpellante sur la manière: quel arbitrage équitable permet de sélectionner les candidats? Pourquoi Méthode et sa famille ont-ils été acceptés? Pourquoi pas son voisin du camp de réfugiés de Muyinga? Pourquoi pas une famille afghane, syrienne, irakienne? «Les autorités sur place collaborent avec le HCR. L’Union européenne établit aussi des priorités vers les pays où il faut se tourner. La Belgique fait aussi son choix en fonction de sa politique étrangère propre.»

Méthode, qui n’avait plus de «chez lui» depuis 1996 a retrouvé le sourire en Belgique. Un bonheur qu’il ne veut pas éphémère: «Monsieur le directeur, qu’est-ce qui nous empêcherait de vieillir en Belgique? On est ici pour toujours, je l’espère mon frère!»

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