Russie -

Attentat dans une gare en Russie: 17 morts

17 personnes ont été tuées et des dizaines d'autres ont été blessées dimanche lorsqu'une femme s'est fait exploser dans une gare de Volgograd (ex-Stalingrad, sud de la Russie), un nouvel épisode de violence dans cette région proche de l'instable Caucase russe.

MISE A JOUR 30/12 à  7H30 |  "Le bilan des morts dans l'attentat est de 17 personnes", a déclaré un vice-Premier ministre du gouvernement régional, Vassili Galouchkine, cité par l'agence Interfax, en précisant que deux d'entre elles venaient de décéder à l'hôpital des suites de leurs blessures.

37 autres personnes sont actuellement hospitalisées, a-t-il précisé. Un précédent bilan établi par le comité d'enquête faisait état de 14 morts et de 34 blessés.

Une veuve noire?

La femme qui s'est fait exploser à Volgograd serait une "veuve noire", Oksana Aslanova, dont la tête arrachée a été découverte sur les lieux de l'attentat, selon le site populaire Lifenews.ru.

"Aslanova a été mariée deux fois à des rebelles. Ses deux époux ont été tués par les forces russes", affirme ce site spécialisé dans les scoops.

Recherchée depuis juin 2012, Aslanova était amie d'une autre kamikaze qui avait tué six personnes à Volgograd en octobre en se faisant exploser dans un autobus rempli d'étudiants.
Ce précédent attentat avait déjà soulevé des craintes quant à la sécurité des jeux Olympiques d'hiver de Sotchi (sud-ouest) qui s'ouvrent le 7 février.

"Cela a été une explosion très puissante"

"Un engin explosif a sauté à 13H00 (09H00 GMT) près de l'entrée de la gare ferroviaire à Volgograd. Selon de premières évaluations, il a été déclenché par une femme kamikaze", a indiqué plus tôt dans la journée le Comité d'enquête russe dans un communiqué.

L'explosion s'est produite devant les détecteurs de métaux placés à l'entrée de la gare, remplie de voyageurs, précise le communiqué.

Les fenêtres ont été soufflées aux deux premiers niveaux de la gare, et de nombreuses ambulances se trouvaient devant l'entrée principale de ce bâtiment de briques grises, au milieu de débris et de la neige, peut-on voir sur des images diffusées par la télévision publique russe.

"Cela a été une explosion très puissante", a déclaré Valentina Petritchenko, vendeuse dans une boutique de la gare, à la chaîne russe Vesti 24.

"Des gens ont commencé à courir, mais ils ont été repoussés par l'explosion. C'était très effrayant", a-t-elle raconté.

Le gouvernement régional, qui avait au début fait état d'au moins 18 morts, a revu son bilan à la baisse.

Une enquête est ouverte

"Une enquête pour attentat terroriste a été ouverte", a indiqué le comité d'enquête.
La puissance de l'engin explosif était d'environ dix kilos d'équivalent TNT, a dit la même source.

Le président russe Vladimir Poutine a été informé de l'attentat et a chargé les services compétents de prendre "toutes les mesures nécessaires pour apporter une assistance complète à tous les blessés dans l'explosion", est-il écrit dans un communiqué du Kremlin.

Vladimir Poutine a en outre chargé le comité d'enquête de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité à Volgograd, selon la même source.

"La situation est difficile (...), mais nous ne permettrons pas que la panique s'empare de la ville", a déclaré à Vesti 24 la maire de Volgograd, Irina Gousseva, qui s'est rendue sur les lieux de l'attentat.

Le ministère de l'Intérieur a pour sa part annoncé le renforcement des mesures de sécurité dans toutes les principales gares et principaux aéroports de Russie.

En octobre dernier, à Volgograd, une kamikaze originaire du Daguestan avait tué six personnes en se faisant exploser dans un autobus rempli d'étudiants. Ce précédent attentat avait déjà soulevé des craintes quant à la sécurité des jeux Olympiques d'hiver de Sotchi (sud-ouest) qui s'ouvrent le 7 février.

L'Otan condamne l'attentat suicide

Le secrétaire général de l'Otan Anders Fogh Rasmussen a condamné le sanglant attentat-suicide, dans le sud-ouest de la Russie, affirmant que l'Alliance atlantique continuerait à combattre le "terrorisme" aux côtés des autorités russes.

"Je condamne fermement l'attentat terroriste", a écrit  Anders Fogh Rasmussen dans un communiqué. "Il ne peut y avoir aucune justification à de tels attentats barbares", a-t-il ajouté.

"L'Otan et la Russie se tiennent côte à côte dans le combat contre le terrorisme, notamment en travaillant ensemble sur les technologies destinées à éviter les attaques contre les transports publics", a poursuivi Anders Fogh Rasmussen.

Une série d'attentats depuis 1999

Depuis 1999, la Russie a été frappée par une série de sanglants attentats, plusieurs d'entre eux ayant été commis par des femmes kamikazes, surnommées les "veuves noires" et armes privilégiées de la rébellion islamiste.

Une femme a ainsi perpétré le double attentat suicide en mars 2010 dans le métro de Moscou qui a fait 40 morts. En 2004, deux femmes originaires du Caucase du Nord avaient fait exploser deux avions de ligne qui venaient de décoller de l'aéroport de Moscou-Domodedovo.

La rébellion islamiste cherche à établir un Etat islamiste dans le Caucase du Nord, et son chef, Dokou Oumarov, ennemi numéro un du Kremlin, avait appelé en juillet dans une vidéo à des attaques contre les JO de Sotchi, pour empêcher "par tous les moyens" le déroulement de cet événement.

La station balnéaire de Sotchi, située entre les bords de la mer Noire et les montagnes du Caucase, à 690 kilomètres au sud-ouest de Volgograd, se trouve à proximité des régions caucasiennes régulièrement secouées par des violences, notamment le Daguestan.
Vladimir Poutine a érigé ces jeux en priorité nationale et compte en faire une vitrine de la Russie. D'énormes moyens ont été investis dans des travaux tous azimuts à Sotchi, ville auparavant quasi-vierge d'infrastructures sportives.

La facture globale fait de ces JO les jeux les plus chers de l'histoire olympique - hiver et été confondus - avec quelque 50 milliards de dollars (36 milliards d'euros)