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France : le ministère de l’Intérieur veut faire interdire les spectacles de Dieudonné

France : le ministère de l’Intérieur veut faire interdire les spectacles de Dieudonné

Dieudonné a été condamné fin novembre pour diffamation, injure et provocation à la haine et à la discrimination raciale. Reuters

Le ministère français de l’Intérieur cherche les moyens juridiques de faire interdire les spectacles de Dieudonné, en raison des «propos racistes et antisémites» auquel s’y livre l’humoriste controversé.

Les services du ministre socialiste Manuel Valls ont indiqué dans un communiqué étudier «toutes les voies juridiques» pour interdire ces «réunions publiques» qui «n’appartiennent plus à la dimension créative mais contribuent […] à accroître les risques de troubles à l’ordre public».

Manuel Valls a condamné «avec fermeté les propos racistes et antisémites» de Dieudonné M’Bala M’Bala.

«De déclaration en déclaration, comme l’ont démontré plusieurs émissions télévisées, il s’attaque de façon évidente et insupportable à la mémoire des victimes de la Shoah», et «ne semble plus s’embarrasser de la moindre limite», selon le ministère.

La direction de Radio France a annoncé le 20 décembre qu’elle allait saisir la justice après des propos de Dieudonné visant un journaliste de France Inter, Patrick Cohen. Dans son spectacle actuel, Dieudonné lance notamment: «Tu vois, lui, si le vent tourne, je ne suis pas sûr qu’il ait le temps de faire sa valise». «Quand je l’entends parler, Patrick Cohen, je me dis, tu vois, les chambres à gaz… Dommage».

Dieudonné a été condamné fin novembre en appel à 28.000 euros d’amende pour diffamation, injure et provocation à la haine et à la discrimination raciale pour des vidéos diffusées sur internet.

L’humoriste, qui s’est plusieurs fois aventuré sur le terrain politique, notamment en défendant les couleurs d’un «parti antisioniste» aux législatives de 2012, est également au cœur d’une polémique pour avoir popularisé un geste au sens équivoque baptisé «la quenelle», qui prête le flanc à des interprétations antisémites. Ce geste de ralliement, bras et main tendus vers le sol, l’autre bras replié touchant l’épaule, est selon lui «un peu anodin et potache» tout en cachant «un acte subversif». Certains de ses sympathisants l’exécutent près de symboles liés à la communauté juive, devant des synagogues et jusqu’au camp d’Auschwitz.

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