judiciaire

Nouvelle inculpation pour Hubert Fabri

Nouvelle inculpation pour Hubert Fabri

Mediapart, le célèbre site web français, enquête sur le groupe Bolloré et Hubert Fabri depuis plusieurs années.

Nouvelle inculpation pour Hubert Fabri. Bras droit du français Vincent Bolloré,le discret homme d’affaires belge est cette fois poursuivi pour corruption. C'est l’historique des comptes de la Socfin et de Socfinco qui ont permis au juge bruxellois Van Espen et à la cellule financière d'avancer dans ce dossier.

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Nouveau rebondissement dans le dossier de la Socfin (Société financière des caoutchoucs), dont une filiale belge, la Socfinco, est dans le collimateur de Jean-Claude Van Espen, le juge d’instruction bruxellois. Voici deux semaines, le magistrat a lancé une nouvelle salve d’inculpations, qui visent cette fois des faits de corruption.

Le bras droit de Vincent Bolloré

Homme d’affaire belge très discret, Hubert Fabri est le bras droit de Vincent Bolloré, patron milliardaire de la multinationale française du même nom. Celui-là même qui avait reçu sur son yacht Nicolas Sarkozy au lendemain de sa conquête de l’Élysée, en 2007.

Dans le présent dossier, les soupçons du juge portent sur des versements à destination d’une haut fonctionnaire, Marianne C., en poste à Conakry, la capitale de la Guinée. En gros, cette dame aurait été «achetée» pour éconduire des concurrents et favoriser l’octroi à la Socfin de vastes concessions pour l’exploitation de caoutchouc et d’huile de palme.

Cette personne, qui détient un passeport diplomatique, est sous le coup d’une inculpation de corruption passive. Hubert Fabri et plusieurs membres de son staff sont quant à eux inculpés de corruption active.

« Pas d’information à la presse »

Nous avons pris contact avec Me Thierry Afschrift, l’avocat d’Hubert Fabri et de ses lieutenants. Ce dernier nous a poliment indiqué qu’il avait reçu des consignes strictes pour ne délivrer aucune information à la presse.

À bonne source, nous avons appris cependant que tous les inculpés protestent de leur innocence. Marianne C., la haute fonctionnaire guinéenne qui a été entendue par les enquêteurs, affirme ainsi que son gouvernement l’avait mandatée pour négocier avec la Socfin et percevoir des versements non déguisés.

La conviction de la cellule financière est que le pacte de corruption a été planifié à Bruxelles, d’où la compétence du juge Van Espen. Et la mission de ce dernier n’est peut-être pas encore achevée. La raison? À la mi-octobre, nous révélions une première vague d’inculpations à l’adresse d’Hubert Fabri. Cette première fournée de suspicions concernait des faits de blanchiment, de fraude fiscale et de faux comptables.

Des dossiers bloqués en Suisse

Dans le cadre de ce premier dossier, nous avions indiqué qu’une pochette-surprise résidait peut-être encore en Suisse, où d’importants cartons sont bloqués depuis deux ans, malgré plusieurs commissions rogatoires dépêchées par le juge Van Espen et le feu vert des autorités helvétiques pour les transmettre.

Ces cartons retenus en Suisse ne sont donc toujours pas arrivés. Difficile de savoir s’ils contiennent des éléments compromettants pour Hubert Fabri. À ce stade, c’est donc uniquement l’historique des comptes de la Socfin et de Socfinco qui a permis à Jean-Claude van Espen et à la cellule financière de déceler des mouvements de fonds suspects.