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Panthère abattue à Aywaille : « une solution du désespoir »

Le sort de la panthère des neiges de Aywaille est cruel. Pour Paul Galand, conseiller scientifique du Jardin extraordinaire, maintenir en captivité ce genre d’animal est «une solution du désespoir». Une tragique évidence.

+ La panthère échappée du Monde Sauvage d’Aywaille a été abattue

Il n’a pas toujours pensé de cette manière. Mais des rencontres ont fini par convaincre le plus célèbre de nos scientifiques animaliers. Pour Paul Galand, «pour certaines espèces, une des manières de les préserver est encore de les garder dans de bonnes conditions dans un parc. Il y a des cas où cela peut se défendre.» Et la panthère des neiges est, effectivement, dit-il, une espèce qui risque de disparaître. «Il semble que le système d’échange organisé au niveau européen pour limiter la consanguinité apparaît comme la solution du désespoir .»

Une évidence tragique

«Je ne dis pas que cela m’enchante», ajoute le conseiller du Jardin extraordinaire, que l’on sent très partagé sur le sujet. «Je n’aime pas beaucoup cela mais je m’incline devant cette évidence tragique. L’argument est mince mais c’est parfois leur seule chance de survie, avec toutefois peu de chances d’une réintroduction efficace dans la nature pour une panthère élevée en captivité. Cela dit, garder un tel animal dans un parc implique de bonnes conditions d’hébergement et de traitement, ainsi que de strictes conditions de sécurité.»

Sur ce qui s’est passé dans le Monde Sauvage d’Aywaille, il ne veut se prononcer. «Je ne connais le parc que de nom», dit-il. La fin tragique ne l’étonne qu’à moitié. «Il n’y a pas en Belgique de rangers compétents pour traquer ce genre de bête sauvage. On ne va pas équiper tous les gardes-chasses. C’est le côté surréaliste de la situation.»