Le sang est précieux : il a un prix

Le sang est précieux : il a un prix

Donner son sangest un geste gratuit mais le traitement de cette matière précieuse à un coût. Reporters

Le sang a un prix. Même si vous ne le voyez sur votre facture. Ce n’est pas le résultat de l’offre et de la demande. Il est fixé par la loi.

 

De l’aiguille qui prélève le sang dans la veine du donneur bénévole à la poche qui délivre globules rouges, plaquettes ou plasma au patient: il y a une série d’interventions et de manipulations qui ont un coût.

Les nouveaux prix 2014 viennent de tomber. Ils ne suivent pas les lois de l’offre et de la demande. Ils sont fixés par arrêté royal après un savant calcul. Fixé chaque fin d’année par l’Agence fédérale des médicaments et des produits de santé. On pourrait appeler ça le coût vérité.

Exemple. À partir du 1er janvier 2014, l’unité de concentré érythrocytaire (globules rouges) sera facturée 117,06 euros aux hôpitaux. Le plasma frais congelé viro-inactivé coûtera 90,96 euros l’unité tandis qu’il faudra débourser 418,54 euros par unité de minimum 4 x 1011 plaquettes. Ce ne sont pas moins de quinze composants du sang qui sont chiffrés.

En Belgique francophone, la Croix-Rouge effectue chaque année quelque 200 000 prélèvements ce qui représente environ 90 000 litres de sang. Elle dispatche chaque semaine entre 3 000 et 3 500 unités de sang ou de ses composants dans une cinquantaine d’hôpitaux de Wallonie et de Bruxelles.

Tout profit est interdit

«Les poches de sang, de plaquettes ou de plasma sont cédées aux hôpitaux à un prix défini, explique Olivier Bertrand, porte-parole du Service du sang de la Croix-Rouge. Cet argent sert à couvrir les coûts de transfusion: le personnel surtout (400 collaborateurs), les machines de laboratoire qui coûtent cher, les produits pour les analyses, les poches, le stockage, la distribution… L’argent des différents produits du sang sert uniquement à couvrir les frais de fonctionnement des établissements de transfusion sanguine. La loi interdit tout profit réalisé au départ des dons de sang».

Chaque établissement de transfusion sanguine est tenu de comptabiliser séparément les frais générés par le prélèvement en tenant compte de la nature de la substance (plaquettes, plasma, sang, etc.), de la technologie appliquée et de la recherche y afférente. Il reçoit des subsides de l’Agence fédérale des médicaments et des produits de santé pour financer les tests NAT HIV et NAT HCV qui doivent être effectués sur chaque prélèvement sanguin.

Le sang, le plasma et les plaquettes transfusés aux malades sont finalement facturés par les hôpitaux directement aux organismes assureurs. L’INAMI leur rembourse entièrement ces frais. Ce n’est donc jamais indiqué sur votre facture finale. C’est pourquoi la plupart des patients ne connaissent pas le prix du sang.