enquête sur l’éolien

La carte de l'éolien ne résiste pas aux communes

La carte de l'éolien ne résiste pas aux communes

La cartographie éolienneva disparaître du paysage wallon mais pas les éoliennes. AFP

La cartographie éolienne a effrayé. Les avis des communes sont plus que mitigés. Résultat : exit la carte, place aux lots et au travail «local».

Les premiers chiffres sont tombés : 114 communes wallonnes, sur 262, ont déjà rentré leur avis sur la cartographie éolienne.

Les ministres écolos Jean-Marc Nollet (énergie et développement durable) et Philippe Henry (environnement et aménagement du territoire) les ventilent : 27 communes sont favorables, 27 sont cataloguées neutres et 60 y sont défavorables. On ne peut pas parler d’enthousiasme.

«Même si, dans les défavorables sont reprises les communes qui souhaitent un développement plus prononcé sur le territoire.» Mais elles ne semblent pas courir les campagnes.

Et maintenant ?

1. On raye la carte

Exit la carte globale avec les zones favorables! «Le nombre de zones vertes donc propices à l’implantation d’éoliennes a fait peur. Alors qu’il n’y a que 15% finalement qui vont servir.» Cette cartographie soumise à enquête disparaît donc. Trop gênante.

2. Place aux lots

Bon, d’accord, plus de carte avec les taches vertes, mais encore? «On change de méthodologie.»

Le territoire wallon qui était découpé en 30 lots le reste même si on modifie, un peu (?), le découpage. Découpage qui sera revu en fonction des remarques «régionales» enregistrées. Chaque lot aura toujours son potentiel d’énergie productible.

3. Travail local

Pour chaque lot, on va regrouper toutes les remarques qui ont été émises par les communes et les citoyens concernés. «Elles sont donc triées et regroupées par lot.» L’argument : «On prend en compte les spécificités locales avec ces remarques. Qui sont parfois contradictoires! Il faudra faire un arbitrage.»

Précision, le cadre de référence reste inchangé. Celui qui prévoit les critères à respecter pour l’implantation d’éoliennes comme la distance d’éloignement entre éolienne et habitation, etc.

4. Cahier des charges

Avec les remarques locales, le cadre de référence et l’état des lieux urbanistique et environnemental, chaque lot se verra définir un cahier des charges spécifique. C’est en fonction de ce cahier des charges que le candidat promoteur déposera son offre et donc sa carte d’implantation précise de ses moulins. Là, commune et citoyen seront consultés avec rapport des fonctionnaires de l’administration. Décision sera prise par le gouvernement wallon.

5. Le long des autoroutes

«La mise en œuvre des lots suivra un phasage . On ne va pas faire tout en même temps. Et priorité sera donnée aux lots situés en bordure d’autoroute.»

6. On avance avec le décret

Une méthode de travail qui évacue la carte qui fâche et qui devrait permettre d’avancer dans l’adoption du fameux décret où l’on ne retrouvera plus que la carte des découpages par lot. Avec le re-passage devant la CRAT, le CWEDD, entre autres, qui avaient été cinglants avec le premier texte. Et pas seulement sur la cartographie. Ce n’est pas gagné.

7. Timing

Symptomatique : alors qu’on n’a que les résultats de 114 communes sur 262, les deux ministres écolos revoient leur copie. C’est clair, ils veulent passer leur décret pour mars au plus tard. Mais en ce qui concerne la concrétisation par lot, ce ne sera sans doute pas pour cette législature.