Tournai

Les jeunes donnent de la voix: la page facebook phénomène

Les jeunes donnent de la voix: la page facebook phénomène

Johakim Chajia et Remy Bauwens ont créé un page facebook pour porter la parole aux jeunes aux oreilles des décideurs. EdA

Ils ont déboulé sur facebook jeudi dernier. Ce lundi matin, ils avaient cinq mille membres dont neuf cents ont déjà participé à des votes…

Johakim Chajia (22) et Remy Bauwens (20) sont tous deux étudiants en deuxième communication à la Helha-Tournai. Ils viennent d’ouvrir un groupe facebook intitulé «Tournai : les jeunes donnent de la voix». Ils y ont associé un troisième comparse, le jeune et talentueux rappeur Youssef Swatt’s (16).

Les trois l’ont fait savoir à leurs contacts qui l’ont fait savoir à leur tour, etc. Résultat : cinq mille membres en une centaine d’heures d’existence… Essentiellement dans la tranche d’âge 16/35 ans. Et déjà neuf cents participants différents à de multiples sondages. Des sondages qui ne sont d’ailleurs pas toujours le fait des administrateurs, mais bien aussi de membres qui entrent pleinement dans la démarche proposée. Parfois avec une bonne dose de dérision… ça fait partie du jeu!

Pourquoi un tel succès? Sans doute en grande partie parce que le texte de base est une véritable invitation à se faire entendre, à se mobiliser, à bouger positivement, sans entrer en conflit ou alors si peu… Juste pour faire sa place, rappeler que la jeunesse existe, qu’elle pense par elle-même.

Donc, les états généraux de la culture servent à quelque chose…

Johakim, Remy, Youssef et quelques autres, les états généraux de la culture, ça les a plutôt branchés. Quand il s’est agi de jeunesse, ils y sont allés. «On devait être cinq jeunes. Ça leur a fait plaisir de nous voir (NDLR. aux vieux de ma génération). Puis quand on est sorti, on s’est dit : «puisqu’ils nous tendent la main, on va la saisir». Restait à voir comment : on n’a rien contre refaire le monde dans les bistrots, c’est sympa aussi, mais on reste en petit nombre, toujours un peu les mêmes. Et pour ce qui est des résultats concrets…» commente Johakim Chajia.

Remy Bauwens poursuit : «Comment toucher les autres jeunes? Par les réseaux sociaux, bien sûr. On a ces outils-là à disposition. En les exploitant correctement, on peut susciter un débat productif.»

Trouver du sens

C’est quoi un débat productif? C’est d’abord un débat balisé. Et balisé, ça ne signifie pas orienté : chaque jeune militant de parti politique peut évidemment s’exprimer, mais il est invité à s’abstenir de faire de la retape. «Notre souci, c’est d’amener des questions dont la formulation permet d’éviter toute stigmatisation. Mais dans le même temps, on ne veut pas éluder les sujets délicats. Exemple un peu facile pour bien comprendre : une question qu’on posera à propos du sentiment d’insécurité, c’est «où ressentez-vous davantage ce sentiment?» et certainement pas «qui vous inspire le plus ce sentiment ?»

Des idées mais aussi des chiffres

L’ambition des administrateurs du groupe, c’est de parvenir à constituer des dossiers par thèmes. Disposer de données précises, quantifiées si possible, quant aux aspirations de la jeunesse tournaisienne. «Ce travail, on se donne quelques mois pour le mener à bien et on le transférera à l’association culture.wapi de manière à ce qu’elle puisse l’intégrer dans son livre blanc qui sera l’aboutissement des états généraux de la culture. On veut qu’il y ait une trace de ce que pensent les jeunes de 2013-2014.»

Et ensuite ?

«Ensuite, on verra ce que les décideurs en font. Le groupe servira aussi à évaluer ça. Mais ce qui est clair, c’est que si les jeunes n’expriment pas leurs avis, leurs attentes, ils ne doivent pas imaginer des miracles dans une société dont les moyens sont limités.»

Semaines à thèmes et experts

Pour constituer de tels dossiers, les administrateurs établiront des semaines à thème : mobilité, expression citoyenne, infrastructures sportives, événementiel, insécurité… «On va mettre ça en route assez vite. On a déjà listé nos questions. On devrait avoir recours à des administrateurs complémentaires (provisoires ou pas) pour nous aider à modérer les débats. Par exemple, Gilles Smal (un cadre des mouvements de jeunesse) nous donnera un coup de main pour ce qui est de la sécurité. Pour ce qui concerne l’usage des parcs, on a pensé à Tony Roupin (l’homme des potagers publics)».

La fulgurance du succès montre à quel point un tel groupe a sa raison d’être. Le gérer demandera du temps et de l’énergie. Bon courage, les gars!


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