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Les grâces royales ne font pas dans la prévention

Les grâces royales ne font pas dans la prévention

L’IBSR rappelle que chaque année, 10 000 personnes sont blessées ou tués sur nos routes Belga

Notre souverain a accordé 11 grâces royales depuis son arrivée sur le trône. Elles concernent surtout des peines pour des infractions de roulage. A l’IBSR, on s’est étranglé d’indignation...

Le Roi Philippe a donc accordé 11 grâces royales depuis son accession au trône, le 21 juillet dernier. C’est en tout cas ce qu’a indiqué dimanche l’émission Royalty sur la chaîne VTM. Et on y a appris qu’il s’agit principalement de grâces portant sur des peines prononcées pour des ... infractions routières. Quelques-uns se sont étranglés...

Du côté de l’Institut Belge pour la Sécurité Routière (IBSR) par exemple, le porte-parole, Benoît Godart, martèle qu’il s’agit «d’un très mauvais signal à la population.» Et le porte-parole de l’IBSR d’ajouter : «On assiste là à une banalisation des infractions de roulage. Voilà bien des décisions qui vont à l’encontre des efforts produits quotidiennement en matière de prévention routière par l’IBSR et la police notamment. Lorsqu’on sait que l’on comptabilise 10 000 personnes sont blessées ou tuées chaque année sur nos routes et que l’on œuvre à réduire le nombre de tués sur la route de moitié d’ici 2020, non cette annonce de 11 grâces pour des infractions de roulage ne cadre pas avec nos objectifs, même si le nombre de grâces peut paraître infime… »

Pas la faute du Roi

On notera que l’information est tombée à peine la campagne Bob lancée .... « Oui, mais peu importe le moment, ajoute Benoît Godart, nous menons des campagnes de prévention toute l’année. Et quel que soit le moment où tombe une information comme ces grâces royales, elle constitue toujours malgré tout un mauvais signal…»

Du côté du politique, flamand surtout, on est également monté au créneau, réclamant la fin d’un «privilège» en croassant en sus que le système des grâces royales était d’un autre âge.

La vice-Première ministre Laurette Onkelinx, ex-ministre de la Justice, juge pour sa part que le procès fait au roi Philippe dans le cadre la polémique sur les grâces royales est « un mauvais procès». Elle n’est favorable à sa suppression que si l’on prévoit un autre système pour désengorger les prisons, a-t-elle dit lundi matin sur les ondes de «la Première» (RTBF).

«Le Roi n’y est pour rien (N.D.L.R.: dans les onze grâces royales qui ont été accordées). C’est le système habituel de grâces individuelles accordées sur proposition de la ministre de la Justice qui elle-même s’appuie sur l’accord du procureur du Roi, du Parquet Général et du directeur de prison», a commenté Mme Onkelinx. Autrement dit,

La vice-Première ministre a souligné qu’avant d’accorder une grâce sur la peine, on examinait toujours comment un condamné se comportait.

On notera enfin que la grâce royale ne concerne que l’application d’une peine prononcée, mais elle ne supprime pas une condamnation. Et elle ne supprime pas non plus une condamnation d’un casier judiciaire.

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