POLITIQUE -

Grâces royales : le roi Philippe, victime de choix ministériels ?

Grâces royales : le roi Philippe, victime de choix ministériels ?

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Il n’y aura finalement pas eu d’état de grâce pour le roi Philippe. Depuis qu’il est sur le trône, la famille royale fait l’objet de critiques diverses et variées. La dernière en date concerne les grâces royales déjà accordées par le souverain. Plusieurs partis flamands s’offusquent et réagissent, alors qu’ils sont en grande partie maîtres du jeu…

Dans le nord du pays, la royauté est un thème politique. Un vrai. Depuis que le Vlaams Belang et la N-VA s’attaquent sans tabou à la famille royale, les autres partis ont adopté une attitude moins conciliante avec le Palais.

C’est que l’indépendance s’accommode mal d’une famille qui incarne l’union du pays. Les indépendantistes font dès lors feu de tout bois lorsqu’il s’agit de critiquer le roi ou les membres de sa royale tribu. Et comme les indépendantistes «durs» scorent bien aux élections, les autres partis ne veulent pas être en reste.

Ce week-end et ce matin, ils ont donc été nombreux à critiquer le fait que le roi Philippe graciait des personnes condamnées pour infractions de roulage. Sauf que… Le système des grâces royales passe par le politique. C’est au ministère de la Justice que les dossiers sont choisis avec l’aval de représentants du monde de la justice (procureur du Roi, Parquet, directeur de prison).

Bref, le roi ne fait que valider un choix ministériel (pris ici par Anemie Turtelboom, ministre openVLD dont le parti critique ce principe de grâce royale) et donc politique. Facile donc de piéger le roi. Mais difficile, après analyse de la situation de prendre avec sérieux l’émoi des politiques flamands.

Royal bouc émissaire

Soyons clairs. Il n’est pas question ici de consacrer la grâce pour des infractions routières, les termes de «grâce royale» inspirent en effet plus de panache. Mais le «pardon» dans cette matière ne devrait-il pas plutôt s’exprimer par des voies plus démocratiques, plus transparentes?

Ce débat-là doit être posé. Mais cette propension qu’a le monde politique flamand à essayer de mouiller la famille royale dans les questions qui font mal commencent à lasser. Ici, comme dans beaucoup d’autres dossiers, le roi Philippe est un bon bouc émissaire pour une question qui n’est à régler que par le pouvoir politique.

Avec un peu de chance pour les allumeurs de polémique, le débat pourrait même devenir communautaire, les partis francophones ne voyant pas l’aspect prioritaire de cette question qui pourrait très vite être réglée en fixant des règles plus judicieuses au niveau des dossiers épinglés par le ministère de la Justice.

Notons aussi que la grâce royale a été bien utile dans le débat sur la suppression peine de mort. Hautement polémique, celui-ci a pu être maîtrisé via une royale entourloupe. Jusqu’en 1996, les peines de mort étaient bien prononcées, mais elles étaient transformées en emprisonnement par la grâce automatique de la signature royale. Ce qui a permis au monde politique de gérer ses atermoiements dans cette matière…

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