Plus qu’un os à ronger

Il n’y a pas que les animaux dont Jacky a la charge qui sont boostés aux hormones. Nicolas Karakatsanis

«Tête de bœuf», le film belge événement de l’année 2011, passe enfin en télé. Sur La Une, mais en seconde partie de soirée.

Dommage.

Qu’on l’appelle Rundskop, comme chez nos voisins flamands, Tête de bœuf comme chez nous, ou Bullhead comme aux États-Unis et… en France (ce doit être ça, la fameuse exception culturelle à la française : allez comprendre), le premier long-métrage de Michael R. Roskam a connu un destin assez exceptionnel, qu’il prolongera ce lundi soir avec une première diffusion sur La Une.

Bizarrement, la RTBF, qui s’enorgueillit si souvent du soutien apporté, contrat-programme oblige, au cinéma belge, a pourtant choisi de reléguer celui qui fut nominé pour l’oscar du meilleur film en langue étrangère et pour le césar du meilleur film étranger (rien que ça) en seconde partie de soirée. On cherche encore la logique.

Ça n’empêchera pas le cinéphile d’apprécier à sa juste valeur un film qui a cassé le mythe, jadis justifié, qui voulait que le cinéma néerlandophone soit un copier-coller assez grossier des recettes hollywoodiennes (rappelez-vous Loft, pour ne prendre que ce seul exemple). Car Tête de bœuf, c’est du vrai bleu-blanc-belge. Un drame dont l’action se niche au cœur du Limbourg et où les personnages principaux, des trafiquants actifs dans la mafia des hormones. C’est surtout un acteur : Matthias Schoenaerts, qui s’est imposé une transformation physique – quel bœuf, sans mauvais jeu de mots! – pour coller aux traits de Jacky, un fils de fermiers et éleveurs acoquiné avec un vétérinaire à l’éthique pour le moins compromise. On sait, depuis lors, combien la carrière de l’acteur flamand a pris de l’essor, au point de lui permettre de tourner sous la direction de Jacques Audiard et même… à Hollywood. On y revient quand même.

La Une, 22.25

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