Il a été abattu froidement de plusieurs balles de 9 mm à la sortie d’un café dans les quartiers nord, le 17 novembre peu après 5 heures du matin.

À 18 ans, il est la 19e victime (selon un décompte de l’AFP) de mort violente à Marseille et dans sa région depuis le début de l’année.

Marseille, «capitale européenne de la culture 2 013 » est devenue capitale des règlements de comptes, sur fond de trafic de drogue. Pas un mois sans rafales d’armes automatiques. La majorité des victimes ont été tirées comme des lapins, souvent en plein jour, exécutées méthodiquement à la kalachnikov. Une arme de guerre que l’on peut se procurer d’occasion pour environ 1 000 euros.

Ces quatre dernières années, la courbe du crime s’est envolée dans la Cité phocéenne. On a recensé 6 règlements de compte mortels en 2006 dans le département des Bouches-du-Rhône, 11 en 2007, 21 en 2009, 13 en 2010, 18 en 2 011 et 24 en 2012, dont 18 rien qu’à Marseille. Aujourd’hui les caïds marseillais, corses, italiens et maghrébins du crime organisé se disputent les territoires des juteux trafics à l’arme de guerre, n’hésitant pas à tuer pour mieux régner. Dans ce vaste surpermarché de la drogue, un réseau peut, selon la police, rapporter de 500 000 à un million d’euros par mois. De quoi aiguiser l’appétit des seconds couteaux prêts à s’étriper pour récupérer une part du gâteau. La circulation d’armes lourdes et la dimension mafieuse de la criminalité alimentent le sentiment d’insécurité, amplifié par le côté spectaculaire des agressions. Prisonnière d’une violence endémique et d’une paupérisation croissante, la deuxième ville de France n’est pourtant pas plus dangereuse que Paris, si l’on en croit les statistiques de la délinquance. Les Bouches-du-Rhône arrivent quatrième après la Seine-Saint-Denis, Paris et la Guyane. La petite criminalité, celle qui pourrit la vie quotidienne des 850 000 habitants, est même en recul. Selon les derniers chiffres rendus publics fin septembre, les atteintes volontaires à l’intégrité physique ont chuté de 13% (10 000 cas au lieu de 12 000 en 2 012), les vols de 8,8% et les vols avec violence de 17,9%. Mais «ces chiffres, pour encourageants qu’ils soient, ne pèsent pas bien lourd devant le tsunami médiatique qu’entraînent inexorablement une rafale de kalachnikov ou un nouveau règlement de comptes », déplorait le procureur de la République, Brice Robin.C.D.

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