On fait grève !

Excelsior

Lorsque j’en étais encore à user mes culottes courtes sur les bancs de l’école primaire, je me souviens d’une récréation durant laquelle nous avions décidé d’un mouvement de grève.

«On fait grève, on fait grève, on fait grève… », chantions-nous dans la cour. L’ennui, c’est que nous ne savions même pas pour quelle raison ce mouvement spontané avait vu le jour. Souci d’imiter des grévistes de l’époque ou volonté d’affronter le pouvoir établi? Je me rappelle surtout la saine colère de l’instituteur, dont l’autorité et la voix grave avaient eu raison de nos revendications, tuées dans l’œuf sous la menace d’une punition exemplaire. Si je vous conte ce petit pan de ma vie, c’est pour faire le lien avec la grève des TEC de la semaine dernière. C’est édifiant : je pensais y voir un peu plus clair dans la boule de cristal des syndicats des TEC, invités sur le plateau de la RTBF, hier, dans le débat dominical. Si on a arrêté le travail, c’est d’abord parce qu’il y a des travaux à Herstal et que les policiers n’étaient pas présents pour régler la circulation. Puis, ne riez pas, c’est aussi la faute de la presse, qui a publié la teneur de certains sms adressés aux chauffeurs par les syndicats. C’est aussi la faute de l’autre syndicat, qui est monté sur la table le vendredi… Bref, c’est la faute à personne dans cette lamentable démonstration de non-sens. Et donc, il n’y a personne pour expliquer aux malheureux usagers, plus souvent otages que clients, cet arrêt de travail.

Si, encore, c’était pour améliorer le service ou la fréquence de certains bus, on souscrirait. Aujourd’hui, on craint un nouveau mouvement de grève: les chauffeurs vont protester contre la mauvaise humeur de leurs clients…

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