Haro sur le stage d’insertion des jeunes

Les jeunes sortis des études doivent, au bout de sept mois, prouver une «recherche active» d’emploi. Photo News

Les Jeunes CSC manifesteront à Namur demain. Leur cible? Le «stage d’insertion» imposé aux jeunes, au sortir des études.

Aucun déploiement des forces de l’ordre ne sera nécessaire, ce mardi sur le coup de 11h30, dans le centre de Namur : la manifestation des Jeunes CSC, îlot Saint-Jacques; devant l’école de la rue des Ursulines, et à hauteur du Palais de Justice, rassemblera, tout au plus, quelques dizaines de militants.

L’endroit n’a pas été choisi au hasard , «au cœur des Facultés et des écoles : notre but est de rencontrer un maximum d’étudiants, nombreux à y passer sur le temps de midi», explique Christine Pirson, permanente interprofessionnelle de la CSC de Namur-Dinant.

L’objectif de la manifestation? Informer ces jeunes sur ce qui les attend à la sortie de leurs études. Et surtout dénoncer la nouvelle procédure mise en place qui, accusent les Jeunes CSC namurois, n’a pour seul but que de retarder le paiement de l’allocation d’insertion aux jeunes demandeurs d’emploi.

Le «stage d’insertion professionnelle» a remplacé le «stage d’attente», à la sortie des études. Mais le changement ne se limite pas à cette nouvelle appellation, précise Laureline Cassart, responsable régionale des Jeunes CSC : «la durée de ce stage passe de neuf à douze mois, et il est limité à trois ans. Et puis la procédure change : auparavant, il n’y avait pas de contrôle de la recherche active d’emploi , et au bout des neuf mois, les jeunes avaient droit à leur allocation d’insertion, ce n’est dorénavant plus le cas».

Les jeunes en stage d’insertion professionnelle vont être soumis à deux contrôles : le premier, au cours du septième mois qui suit leur inscription comme demandeurs d’emploi; le deuxième au cours du onzième mois. Pour les jeunes qui se sont inscrits au 1er août dernier, les contrôles auront donc lieu au début février.

«Au terme de deux évaluations positives, et douze mois de stage, le droit à l’allocation d’insertion s’ouvre. Soit trois mois plus tard que dans le système précédent», précise Laureline Cassart.

Trois mois plus tard, si tout se passe bien : si l’un des contrôles est négatif, le droit est repoussé de six mois au moins. Selon les cas, la première allocation ne serait payée au plus tôt que de treize à dix-huit mois après l’inscription comme demandeur d’emploi.

L’évaluation prend donc une importance cruciale, pour tous ces jeunes en quête de leur premier emploi. Comment peuvent-ils s’y préparer? «Ils doivent prouver de manière écrite leurs démarches de recherche d’emploi», explique Laureline Cassart. «Au niveau des critères d’évaluation de l’ONEm, qui procédera aux contrôles, la démarche de recherche d’emploi doit être constante : Expliquer qu’on a envoyé quatre-vingt-sept curriculum vitæ la première semaine, puis qu’on n’a plus rien fait, ne suffira pas. Il faut un minimum de six recherche d’emploi par mois, et au moins une par semaine».

Pour ne pas se faire recaler, les jeunes devaient au moins, donc, prouver deux recherches d’emploi hebdomadaires, au cours des six mois qui ont précédé l’évaluation. Leur suffirait-il de «diluer» par exemple, leurs envois de CV? Pas sûr. «En présentant la mesure, le gouvernement a parlé d’une économie de 61,8 millions. Il envisageait donc déjà 15 000 prolongations de stage».

Au-delà de cette économie, les Jeunes CSC craignent le message ainsi adressé au grand public : les jeunes ne cherchent pas d’emploi. L’hypothèse a de quoi soulever leur indignation.

+ Plus d'infos à lire dans L’Avenir de ce lundi, sur tablette iPad ou Android et sur PC

Nos dernières videos