Il ne faut pas être dupe : si la situation au large de la Corne de l’Afrique préoccupe tant les grandes puissances occidentales, c’est autant pour protéger les navires du programme alimentaire mondial que parce qu’elle leur coûte cher.

Très cher. «On a calculé le coût total de toutes les actions de piraterie et on est arrivé à un impact économique mondial qui oscille entre 10 et 12 milliards$ par an», grimace Peter Verstuyft. Carl Gillis annonce, lui, que ce chiffre devrait grimper en 2014 : «Les estimations le situent aux alentours de 14 milliards$.» Il comprend, entre autres, les coûts en carburant, mais aussi ceux qu’occasionnent les détours empruntés par les paquebots pour passer le plus au large de la zone critique : «Des détours de facilement cinq jours, estime le lieutenant Gillis. Or, les frais de fonctionnement pour un navire tournent aux alentours de 25 à 30 000€ par jour.» «C’est énorme, et je ne vous parle même pas des frais d’assurance supplémentaires », soupire Peter Verstuyft, qui voudrait bien, mais ne pas éviter la Corne de l’Afrique : « C’est un problème qui semble loin de nous, dit-il, mais il faut savoir que plus de 30% des importations mondiales passent par là. Il existe un itinéraire bis, via l’Afrique du Sud, mais il prend deux à trois semaines supplémentaires. En terme de coût et d’impact sur l’environnement, c’est intenable. »Mi.D.

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