Certificats verts : PME dans le rouge ?

Jean-François Heris, président de l’UWE : «Pour certaines PME, c’est une question de survie». Belga

Les certificats verts sont-ils solubles dans la trésorerie des entreprises wallonnes? Celles-ci se disent prises à la gorge.

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On reproche souvent aux entreprises de ne parler que du coût salarial au moment d’évoquer les freins à la compétitivité. L’Union wallonne des entreprises (UWE) prend les critiques au mot : « C’est vrai, il n’y a pas que ça. Il y a aussi le coût de l’énergie ».

Et l’affaire prend manifestement des allures très sérieuses. Les trésoreries saturent. Même les grosses pointures se font des cheveux blancs (lire ci-dessous). Certaines PME voient la note augmenter de près de 20%. « Pour les plus grosses entreprises, c’est très déplaisant. Mais pour beaucoup de PME, c’est une question de survie», dit Jean-François Heris, président de l’UWE.

Celui-ci pointe le soutien wallon aux énergies renouvelables et l’incertitude qui plane toujours sur ce dossier.

Concrétiser l’exonération

Avec la crise des certificats verts et la reprise au prix garanti de 65€ par Elia (gestionnaire du réseau de transport d’électricité), les tarifs ne cessent de gonfler : 1,18€/MWh au 1er janvier 2012, 13,81€/MWh en 2013… Et les entreprises redoutent les 17,80€ en janvier 2014.

Or, l’impact du soutien au renouvelable ne pèse pas aussi lourd en Flandre : là où les entreprises du nord du pays paient 1 million€ pour 100 GWh, leurs homologues wallonnes doivent lâcher 2,5 millions (15€ de plus par MWh).

Pourquoi cette différence de prix? «Parce que les Régions sont compétentes pour l’énergie renouvelable et la distribution d’énergie. Les taxes et surcharges ne sont pas les mêmes», explique André Lebrun, responsable Énergie-Environnement au sein de l’UWE. La différence se marque plus fort encore quand on compare avec les tarifs appliqués en France, aux Pays-Bas ou en Allemagne. «Et ça s’accentuera encore si la surcharge Elia passe à 17,80€/MWh en 2014», s’inquiète André Lebrun.

Le gouvernement wallon avait néanmoins pris une décision de principe en février : les entreprises intégrées à un accord de branche pourront bénéficier d’une exonération de 85% de la surcharge (50% pour les autres). Mais les modalités ne sont pas encore définies. «Sur ce point, on attend déjà le vote de l’ajustement budgétaire 2013 (prévu le 11 décembre au Parlement wallon, NDLR).»