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La pharmacogénétique ouvre de nouvelles perspectives dans le traitement du VIH

La pharmacogénétique ouvre de nouvelles perspectives dans le traitement du VIH

(illustration) Belga

De nouvelles perspectives sont envisageables dans le traitement de l’infection du virus de l’immunodéficience humaine (VIH) grâce aux apports de la pharmacogénétique, ont expliqué jeudi des chercheurs de l’Université catholique de Louvain (UCL) à l’approche de la journée internationale du sida le 1er décembre.

La pharmacogénétique, soit l’étude du rôle des facteurs génétiques dans la réaction de l’organisme aux médicaments, peut notamment permettre d’anticiper l’apparition d’effets secondaires médicamenteux qui pourraient menacer le bien-être des patients.

Même si le VIH ne peut encore se guérir aujourd’hui, de nouveaux types d’approches peuvent rendre moins lourd le traitement des patients. Parallèlement à un monitoring conventionnel, des approches originales de type pharmacogénétique peuvent permettre une individualisation des traitements qui auront comme conséquence d’augmenter leur efficacité finale et d’en réduire l’apparition d’effets secondaires. «C’est d’autant plus important dans le cas de patients qui subissent un traitement pendant 20, 30 voire 40 ans », explique le professeur Vincent Haudfroid, du Louvain Centre for Toxicology and Applied Pharmacology.

La pharmacogénétique consiste dans ce cas-ci à la prise en compte de caractéristiques génétiques individuelles chez les patients. Il peut arriver que lors d’une thérapie antirétrovirale, bien que les médicaments fassent l’objet d’un dosage sanguin, le patient subisse des effets secondaires fort contraignants. Il peut s’agir de nausée ou de diarrhée lors des premières semaines mais cela peut également déboucher sur le développement d’autres maladies après plusieurs années de traitement.

Le laboratoire de toxicologie de l’UCL a développé des approches originales de mesure des médicaments au sein des tissus cibles grâce à la pharmacogénétique. Celles-ci ne sont pas encore utilisables en routine clinique, mais elles ont permis d’identifier d’autres facteurs génétiques individuels qui modulent les concentrations intracellulaires de certains antirétroviraux et qui peuvent donc théoriquement affecter leur efficacité clinique.