Faut-il encore vacciner contre le cancer du col ?

Faut-il encore vacciner contre le cancer du col ?

30% des jeunes Wallonnes sont vaccinées dans le cadre scolaire. Au total, via les médecins traitants, on arrive à 35-40%. Reporters / BSIP

La France accuse le vaccin contre le cancer du col de l’utérus de rendre malade. En Belgique, son rapport risque-bénéfice est estimé suffisant.

La semaine dernière, un avocat a déposé une plainte en France auprès du tribunal de Bobigny pour «atteinte involontaire à l’intégrité de la personne humaine.» C’est l’avocat de Marie-Océane, 18 ans. Deux mois après avoir reçu la 2e dose du vaccin contre le cancer du col de l’utérus, elle a été prise de vertiges et vomissements. Elle a souffert de pertes momentanées de la vue, de la marche et d’une paralysie faciale. Et un diagnostic de sclérose en plaques a été posé. Trois autres Françaises vont porter plainte contre la firme Sanofi Pasteur MSD, qui produit le vaccin Gardasil : deux qui disent qu’il a provoqué chez elle la maladie de Verneuil (maladie chronique de la peau), et une qui souffre de polymyosite (maladie qui touche le système musculaire).

Et la vaccination en Belgique ?

En Belgique aussi, il y a eu un cas de sclérose en plaque qui est survenu quatre mois après la vaccination contre le cancer du col, avec l’autre vaccin, le Cervarix. «Mais on n’a pas pu établir de lien de causalité entre le vaccin et la maladie, explique Anne Eeckhout, responsable de la communication de l’agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS). Il est possible que la personne avait des antécédents familiaux

Anne Eeckhout attire l’attention sur la notice des médicaments : « Il y a des effets indésirables qui sont repris dans la notice, mais l’équilibre bénéfice-risque reste positif

L’OMS recommande la vaccination. Et en Belgique, les pouvoirs publics prennent en charge le coût du médicament pour que les adolescentes soient massivement – et gratuitement – vaccinées préventivement contre le cancer du col de l’utérus dû au papillomavirus. Le remboursement court jusqu’à 18 ans moins un jour, mais même après, cela vaut la peine de vacciner une jeune femme jusqu’à 25-30 ans, selon le gynécologue Philippe Simon, chef de clinique à Erasme. «C’est encore efficace, jusqu’à 30 ans. Et heureusement, le prix a diminué de façon conséquente, passant de 480€ pour les trois doses à 120€

Pourquoi ne pas se contenter d’un frottis vaginal ?

Le frottis vaginal, remboursé tous les trois ans, est un moyen efficace pour dépister le cancer du col de l’utérus. C’est ce qu’argumentent de nombreux détracteurs du vaccin, qui le qualifient de risque inutile. Le Dr Simon n’est pas d’accord : « Les frottis détectent une dysplasie du col – que l’on considère comme une lésion précancéreuse – avant le stade du cancer. Il permet d’entamer un traitement. Mais il y a des effets secondaires : il y a un plus grand risque d’accouchement prématuré, car le col est fragilisé. Pour moi, ce vaccin est vraiment à conseiller

Le gynécologue conseille non seulement le vaccin aux jeunes femmes, jusqu’à 30 ans, mais pose la question de l’intérêt de vacciner les garçons.

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