Wallonie

Éolien : un nouveau rapport négatif

Éolien : un nouveau rapport négatif

La CRAT a rendu un avis défavorable sur la carte positive de l’éolien. «Une carte sans fond»… REPORTERS

Après le Cwedd, c’est l’autre conseil consultatif, la CRAT, qui rend un mauvais bulletin au gouvernement sur le projet de carte de l’éolien wallon.

La Commission régionale d’aménagement du territoire, la CRAT, fait partie des instances que le gouvernement wallon doit consulter dans le processus d’adoption de certaines décisions. C’est le cas du projet de développement éolien.

À la mi-novembre et après quatre réunions de travail, la Commission a donc remis son avis sur la carte positive de référence, «associée à un productible minimal par lot permettant de développer le grand éolien à concurrence d’un objectif de 3 800 GWh à l’horizon 2020». Et cet avis est défavorable, même si la CRAT dit soutenir le développement des énergies alternatives en Wallonie, dont l’éolien.

La commission ne voit pas comment elle pourrait se prononcer sur une carte définissant des lots et un productible, sans avoir une idée des implications «qui seront probablement définies dans un futur décret». Et puis, elle n’a pas été consultée sur le cadre de référence ni sur la carte des zones favorables, éléments qu’elle considère comme «indissociables» de la carte qui lui a été soumise. Ce qui fait de la carte positive, selon la CRAT, une «carte sans fond » découplée des éléments qui, avec elle, doivent former un tout. «Son statut n’est pas clair », résume la commission.

Ensuite, la CRAT considère qu’on a fait le boulot à l’envers : au lieu de fixer préalablement un objectif de productivité et de définir des lots et un potentiel productible qui vont y répondre, on aurait mieux fait de se baser sur les contraintes environnementales et sur le potentiel de raccordement sur le réseau.

« Méthodologie lacunaire »

Elle s’inquiète aussi de ce que le productible global par lot ait été calculé en additionnant les installations déjà en fonctionnement, celles en construction ou dont le permis est accordé, auxquelles on ajoute le potentiel productible : «le fait d’avaliser la carte aurait pour effet de valider ce productible global qui reprend des projets en contentieux pouvant faire l’objet de permis complémentaires ». Selon quels critères accordera-t-on éventuellement ces permis? Le décret le dira. Mais il n’a pas encore été adopté.

La CRAT pointe aussi la « méthodologie lacunaire» qui a mené au découpage des lots, à leur nombre (30) et à la répartition du productible.

La commission ne comprend pas non plus comment tout cela va se traduire sur le terrain : « mise en concurrence dans les lots, priorités, impact économique…» Lui échappe encore la manière dont on est passé du premier objectif de 4 500 GWh aux 3 800 et la répercussion concrète sur les lots.

« Productible surestimé »

Quant au rapport sur les incidences environnementales, la CRAT considère qu’il ne correspond pas à la carte positive, mais à la carte des zones favorables. Ou plutôt au cadre de référence qui définit ces zones favorables.

Et, puisqu’elle estime que l’ensemble des critères d’exclusion définis par le cadre de référence n’ont pas été pris en compte pour définir cette carte positive, le productible a donc été surestimé, soutient-elle.

Pour rappel, le Cwedd (Conseil wallon de l’environnement pour le développement durable) avait lui aussi rendu un rapport critique sur le projet éolien wallon (nos éditions du 18 novembre). De quoi réjouir ceux qui prédisent que le projet ne verra pas le jour avant la fin de cette législature. Y compris dans la majorité.