FRANCE

Enquête sur le tireur à Paris : un homme en garde à vue

Enquête sur le tireur à Paris : un homme en garde à vue

Un homme présentant une « forte ressemblance physique  » avec le tireur a été arrêté à Paris.

AFP

Un homme a été placé en garde à vue mercredi soir dans l’enquête sur un tireur soupçonné d’être à l’origine de plusieurs attaques dans la capitale française, a annoncé le parquet de Paris.

Un homme présentant une "forte ressemblance physique" avec le tireur à l'origine d'attaques dans la capitale française a été placé en garde à vue mercredi soir, à l'issue de près de trois jours de traque et un appel à témoins.

Présentant une "forte ressemblance physique" avec la personne recherchée, dont des images issues de la vidéosurveillance ont été rendues publiques, l'homme a été repéré vers 19h00 dans un véhicule stationné dans un parking souterrain de Bois-Colombes (banlieue ouest de Paris), selon le parquet de Paris.

Selon plusieurs sources proches de l'enquête, le suspect interpellé se trouvait dans un état de "semi-inconscience, sans doute suite à la prise de médicaments qui peut laisser penser à une tentative de suicide".

Les enquêteurs ont prélevé un échantillon ADN sur le suspect, qui est actuellement en cours d'analyse, a-t-on appris de source proche de l'enquête.

Le profil génétique du tireur ayant déjà été établi, les résultats de cette analyse devraient être transmis aux policiers dans un délai d'environ quatre heures pour formellement incriminer ou innocenter ce suspect.

Fin de la traque ?

C'est la première personne placée en garde à vue depuis le début de la traque, qui n'avait donné lieu jusqu'ici, malgré un appel à témoin et la diffusion de photos du suspect, qu'à quelques contrôles sans suite.

L'ADN identifié sur plusieurs scènes de crime doit permettre maintenant de vérifier s'il s'agit bien du tireur.

Les analyses des empreintes génétiques ont déjà permis aux enquêteurs d'acquérir la certitude qu'un même homme est l'auteur de l'attaque de lundi au quotidien Libération, où un assistant photographe a été grièvement blessé, des tirs qui ont suivi, sans faire de victime, devant la banque Société Générale à La Défense (banlieue ouest) ainsi que d'une prise d'otage d'un automobiliste dans la foulée.

"L'ADN mis en évidence sur les douilles libérées à Libération et à la Société générale ainsi que sur la portière passager du véhicule de l'otage est le même. L'hypothèse d'un auteur unique est donc confirmée", avait déclaré à l'AFP mercredi matin le procureur de Nanterre, Robert Gelli.

Avant cette confirmation par l'ADN, les enquêteurs étaient déjà persuadés d'avoir affaire au même homme, y compris pour l'agression de vendredi au siège de la télévision d'information en continu BFMTV, au cours de laquelle l'homme n'avait toutefois tiré aucun coup de feu.

Des centaines de témoignages

Depuis l'appel à témoin et les premières images du suspect diffusées lundi par les enquêteurs, des centaines de témoignages ont été recueillis par la police.

Une photo, plus nette que les précédentes, a été diffusée mardi après avoir été extraite des images de vidéosurveillance de la RATP. Le suspect au visage rond y apparaît de face, bonnet enfoncé sur le front et bouche entrouverte.

Sur cette image, prise après l'attaque contre Libération, il s'est changé, troquant sa doudoune sombre sans manches du matin pour une veste rouge à col noir. Cela a fait dire aux enquêteurs qu'il s'agissait d'un "malin" qui "connaît sans doute les codes de la bonne cavale", selon une source policière.

Des experts interrogés par l'AFP évoquent un homme déterminé, solitaire et organisé, au comportement plus rationnel qu'il n'y paraît au premier abord.

Âgé de 35 à 45 ans, de type européen, et mesurant entre 1,70 m et 1,80 m, l'homme a surgi lundi matin à Libération armé d'un fusil à pompe à crosse et canon sciés, de calibre 12, un calibre très courant qui peut recevoir indifféremment des munitions Brenneke (chasse au sanglier) et/ou des munitions contenant des chevrotines.

Le jeune assistant photographe qu'il a blessé au thorax et à l'abdomen à Libération, "a pu être réveillé et sevré de ventilation artificielle", selon l'hôpital de la Pitié-Salpétrière.
Mais il doit encore rester "en réanimation pour une surveillance clinique", précise le Pr Pierre Coriat, chef de service du département anesthésie-réanimation.

 

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