MUSIQUE

Daho au temps de l’innocence retrouvée

Daho au temps de l’innocence retrouvée

L’innocence c’est « devenir ou redevenir soi-même , dit Daho. C’est se débarrasser des étiquettes ».

Universal

«Les chansons de l’innocence retrouvée», le 11e album d’Étienne Daho, un disque sombre, cinématographique et magnifique.

Ce nouvel album studio d’Étienne Daho aurait dû sortir bien plus tôt : la faute à une opération chirurgicale qui a mal tourné et qui l’a contraint au repos forcé l’été dernier.

Mais le voilà, souriant, détendu, posé sur le canapé de la suite de son hôtel. Il a la voix familière, à la fois grave et chaleureuse de ses chansons. Ce 11e album «aurait dû s’appeler Disconoir en un mot, raconte Étienne Daho. L’idée était de faire un album de disco. Et puis, plus on avançait, plus ça devenait autre chose.» Alors, il a choisi Les chansons de l’innocence retrouvée, en référence aux Songs Of Innocence de William Blake. «Ca veut dire, en substance, deviens ou redeviens toi-même, sois débarrassé de toutes les étiquettes qu’on te colle sur la tronche toute ta vie. C’est une joie de la maturité je pense, de prendre de la distance, de faire sa route, peu importe ce qu’on pourra penser de vous. Il faut du temps pour être libéré, détaché de tout ça.»

Les signes du destin

Le livre de William Blake, il l’a retrouvé en version originale, à Londres, là où il est parti enregistrer l’album. «Un signe bizarre», dit-il.

Parce qu’il est beaucoup question de destin au long de ces 13 Chansons de l’innocence retrouvée. Il y a la plage d’ouverture, Le baiser du destin, mais il y en a bien d’autres, des destins qui s’y croisent. Une obsession, avoue le chanteur de 57 ans : «Le destin, qu’est-ce que c’est? Je ne fais que poser la question, je n’ai pas la réponse malheureusement. Est-ce qu’on fabrique ça ou est-ce que c’est écrit? J’ai déjà par exemple consulté une voyante qui m’a dit des choses absolument étonnantes il y a quelques années. Je le dis : c’est donc écrit. En même temps, au long de mon parcours, un peu chaotique depuis mon enfance, j’aurais pu dévier, avoir une existence un peu compliquée et en fait, j’ai une très belle vie. J’ai aussi peut-être cette ambition d’avoir une belle vie, de ne pas céder à ce qui pouvait être mon destin, finalement qui était tout tracé, à savoir les cités… Je suis un petit immigré, je suis né en Algérie…»

Mais Étienne Daho n’aime pas donner les clés de ses textes, «Pas intentionnellement. Mais c’est bien : comme ça, tout le monde peut y mettre ce qu’il veut. C’est bien de ne pas dévoiler le sens des chansons pour en faire sa propre histoire, y mettre ses propres sensations.»

30 ans de plaisir

Le magazine Les Inrocks lui consacre sa couverture avec le titre «30 ans de plaisir». «En tout cas, j’approuve le titre! rit-il. C’est vraiment 30 ans de plaisir. Je ne me rends pas compte, ça passe tellement vite… J’ai tellement mis la musique au centre de mon existence depuis toujours que c’est le truc qui me fait avancer, qui me porte.»

«Les chansons de l’innocence retrouvée», Universal. En concert le 30/10/2014 au Forum à Liège et le 31/10/2014 au Cirque royal à Bruxelles.