Giraud: «Cette pièce, à mon âge c’est de la folie»

Giraud: «Cette pièce, à mon âge c’est de la folie»

Roland Giraud incarne le mari volageet le séducteur dans l’adaptation de «Joyeuses Pâques», de Jean Poiret. Du théâtre de boulevard jubilatoire.

À plus de 70 ans, Roland Giraud se lance un nouveau défi et reprend le personnage de séducteur créé et incarné par Jean Poiret avant lui. Un défi colossal que le comédien relève avec énergie.

Plus de deux heures sur scène, comment le vivez-vous ?

C’est épuisant ! À mon âge, jouer une pièce comme celle-là, c’est de la folie parce qu’elle est plus que crevante. L’originale fait plus de deux heures et demie mais on l’a réduite un peu pour que le public tienne le coup.

Mais comment avez-vous travaillé pour, vous, tenir le coup ?

J’ai commencé à apprendre la pièce en juin. Puis, ont suivi deux mois et demi de répétition. Puis tout ce que j’avais appris ne servait plus à rien parce qu’on a été obligé de couper, couper, couper… Donc il a fallu que je la réapprenne. Ça a été un enfer !

Après autant d’années comment expliquez-vous que cette pièce soit toujours aussi efficace ?

« Joyeuses Pâques » est une référence dans notre métier en tant que pièce de boulevard moderne remarquablement écrite et efficace. Elle ne parle que de choses épouvantables mais qui, au théâtre, font rire  : un type de mon âge qui rentre chez lui à une heure du matin avec une petite jeune femme consentante… Bon, on a compris ! Sauf que rien ne va se passer comme il le voulait.

Comment avez-vous réagi quand on vous a proposé le rôle de ce séducteur ?

J’ai été plutôt flatté (rires). Je ne pensais pas la jouer un jour parce qu’elle a déjà été reprise plusieurs fois. Et, jusqu’à présent, je n’avais fait que des créations, jamais de reprises. J’étais réticent mais je l’ai lue et j’ai tellement ri que c’est devenu une évidence.

Un vrai challenge, donc ?

Énorme ! Passer après des gens comme Poiret, Roger Pierre, Arditi… On se demande forcément si on va faire rire autant qu’eux.

Mais la mise en scène de Jean-Luc Moreau est assez innovante, non ?

Il a réussi à dépasser le mythe et à s’approprier ce texte un peu sacré de Jean Poiret. Il a osé y apporter sa propre touche et a su apporter des choses qui n’avaient pas été apportées jusqu’à présent  : il a trouvé des attitudes et des trucs de mise en scène qui n’étaient pas prévus et qui enrichissent encore plus la pièce. C’est un régal à jouer.

Vous jouez avec votre femme, Maaike Jansen. Ça va, il n’y a pas trop de transferts entre la pièce et la vraie vie ?

Ben… On me l’a un peu imposée ! (rires). On avait fait « Le technicien » ensemble il y a deux ans et ça avait très bien marché. Elle ne voulait pas refaire ma femme au théâtre. On s’adore mais 24 h/24, ça va quoi ! Mais, au final, je suis ravi de travailler de nouveau avec elle parce que c’est une très bonne comédienne. Voilà, comme ça, je suis sûr que je n’aurais pas d’ennuis !

«Joyeuses Pâques», du 18 au 24 novembre au Centre culturel d’Auderghem. 02 660 03 03 – www.cc-auderghem.be.