Agriculture

« Ce n’est pas un décret pour 5 % des agriculteurs »

« Ce n’est pas un décret pour 5 % des agriculteurs »

Le Code wallon de l’agriculture se prépare. Tensions entre la FWA et le ministre : statu quo…

AFP

Le ministre Carlo Di Antonio réagit aux critiques et aux soupçons de la Fédération wallonne de l’Agriculture.

Ainsi donc, la Fédération wallonne de l’Agriculture (FWA) se sent exclue? Mise à l’écart? Hors jeu? Le futur Code wallon de l’agriculture se ferait sans cet acteur majeur de la filière?

C’est ce que répercutent devant le Parlement wallon deux députées, Françoise Fassiaux-Looten (PS) et Caroline Cassart (MR), suite aux déclarations du secrétaire général de la FWA Yvan Hayez dans nos éditions du 7 novembre dernier.

« C’est un projet important. Il ne faut pas en faire un décret pour 5 % des agriculteurs. Vous devez être le ministre de tous les agriculteurs», plaide Caroline Cassart, face au ministre compétent Carlo Di Antonio (cdH). «Chacun a le droit d’être entendu», ajoute la députée.

Le ministre répond. Et on sent que la moutarde lui monte au nez.

« Il n’a pas envie de changer d’avis »

«J’ai organisé 35 rencontres avec les agriculteurs. Et, rien qu’en 2013, pas moins de 28 réunions au sein de mon cabinet avec les représentants des agriculteurs… Nous avons respecté totalement les avis de la Fédération wallonne de l’agriculture », commence le ministre.

Le projet du ministre serait trop pro environnement? Pro circuits courts? Pro bio? Pro «bobos»? « Je veux des faits précis. Il n’y a rien qui concerne 5 % des agriculteurs. Ça concerne toute l’agriculture», martèle Carlo Di Antonio.

Il dit avoir d’ailleurs déjà entendu ce discours plus d’une fois. «Le secrétaire général de la FWA disait déjà la même chose il y a un an. Consulté ou pas, il ne change pas d’avis. Et je commence à penser qu’il n’a pas très envie de changer d’avis», termine sèchement le ministre.

« Une guéguerre… »

« Il y a vraisemblablement maldonne», réagit Françoise Fassiaux-Looten. «Vous dites que vous avez tenu ces 28 réunions en votre cabinet et que les avis émis dans ces réunions ont été pris en compte», résume-t-elle.

«L’important, c’est que ce Code wallon de l’agriculture arrive le plus rapidement possible et que les professionnels sachent comment le monde agricole va évoluer», conclut la députée PS.

Pour Caroline Cassart, «il serait quand même temps d’avoir une concertation », y compris en direct avec le secrétaire général de la FWA. Quel que soit celui qui ne veut plus voir l’autre, « il faut mettre cette guéguerre de côté. Siffler la fin de la récréation », répète la députée MR.