Santé

Des enfants entre l’hôpital et la maison

Des enfants entre l’hôpital et la maison

Donner un cadre légal aux soins pédiatriques à la maison, sans « déménager l’hôpital » .

Reporters

Soigner un enfant à domicile plutôt qu’à l’hôpital? Encore faut-il assurer la continuité des soins. Le MR souhaite un cadre global.

 

«L’admission à l’hôpital d’un enfant ne doit être réalisée que si les soins nécessités par sa maladie ne peuvent être prodigués à la maison, en consultation externe ou en hôpital de jour » : c’est le premier point d’une «charte de l’enfant hospitalisé», adoptée en 1988 par une dizaine d’organisations de terrain, lors d’une conférence européenne sur ce thème.

En 2008, soit 20 ans plus tard, le Parlement fédéral soutenait la nécessité d’un vrai cadre pour les soins pédiatriques à domicile. Mais rien n’a suivi.

Cette semaine, la députée MR Florence Reuter dépose au Parlement wallon une proposition de résolution proche du texte fédéral. Et surtout de la charte. «Puisque rien n’a bougé au fédéral, pourquoi ne pas adapter la demande au régional? D’autant qu’on va vers la régionalisation de ces matières», avance la députée. « Ça nous permettrait d’être prêts pour le début de la prochaine législature.»

1. Déménager l’hôpital à la maison? Pour l’essentiel, la proposition de résolution réclame un cadre général, permettant d’organiser de façon performante un retour à la maison dès que c’est possible pour l’enfant. « Il ne s’agit pas de déménager l’hôpital à la maison. Ni de créer un truc nouveau impossible à financer. L’idée est de coordonner. Et d’avancer. Des choses existent déjà, des associations de soins à domicile travaillent, des hôpitaux ont mis toute une organisation en place… Mais ce n’est pas coordonné. Et selon qu’on se trouve à Liège, au Luxembourg ou dans le Brabant wallon, on n’est pas sur le même pied», développe Florence Reuter.

2. Qui fait quoi? Tout est fondé sur la possibilité, sur le choix. Et si on a le choix de rentrer à la maison, on a aussi le droit de rester en institution. Des parents peuvent préférer le contexte hospitalier. « Évidemment, c’est une possibilité, certainement pas une obligation», s’empresse de confirmer Florence Reuter. Mais quand une alternative à l’hospitalisation se dessine, autant l’orchestrer correctement. Et c’est là qu’il convient de se coordonner pour assurer la continuité des soins entre l’hôpital et la maison. « Entre le médecin hospitalier et le médecin traitant, qui fait quoi? Entre l’infirmière à domicile et les aides familiales, qui fait quoi? Pourra-t-on trouver les mêmes médicaments qu’à l’hôpital? Un cadre légal général permettrait de disposer d’une procédure généralisée, identique partout, avec un vrai suivi par une équipe pluridisciplinaire», argumente la députée wallonne MR.

3. Pathologies: «Ne pas se fermer» Pour quels types de soins? Quelles pathologies? «On pense aux enfants atteints de pathologies chroniques lourdes, qui nécessitent une prise en charge curative, palliative et post-palliative. Mais ça ne concerne pas seulement les cas les plus lourds. Et ce ne sera pas possible dans tous les cas. Quoi qu’il en soit, je pense qu’on ne doit pas se fermer, ni commencer à dresser une liste de pathologies. Il faut rester ouvert et assurer avant tout la meilleure concertation avec la famille », précise Florence Reuter.