HUMEUR

Les JO de Sotchi : un prestige de façade

Les JO de Sotchi : un prestige de façade

La torche olympique a fait un beau voyage. Mais les JO, ce n’est pas que ça...

AFP

Il y a comme ça des images qui marquent les esprits plus que d’autres. Le voyage de la torche olympique dans l’espace en fait certainement partie. Une initiative aussi bling-bling qu’inutile et qui ne doit pas faire oublier les boulettes russes qui émaillent l’avant-Sotchi 2014.

À la course au spectacle, les JO de Sotchi viennent de faire très fort ce week-end. Et ce, avant même que les athlètes n’entrent en piste. Il faut dire qu’en programmant un long voyage dans l’espace pour «leur» torche olympique, les autorités russes en auront soufflé plus d’un sur terre. Tout ça avant, notamment, d’atteindre le sommet de l’Elbrouz et le fond du lac Baïkal en Sibérie. Autant d’exploits techniques et humains qui n’arriveront pourtant pas à faire oublier le goût amer que laissent d’ores et déjà ces Jeux Olympiques.

C’est que la sortie historique de la torche olympique dans la thermosphère n’est sans doute rien comparée aux «bourdes» à mettre à l’actif de Sotchi 2014. À commencer par l’homophobie latente qui pourrit déjà l’ambiance de JO visiblement pas très «gay-friendly»: «Toute propagande de l’homosexualité sera interdite». Le CIO aura beau tenter de rattraper le coup, il est trop tard. Jusqu’alors capable d’étouffer la contestation nationale, la Russie dévoile au monde entier une image beaucoup moins reluisante.

Aux premières loges pour pleurer la folie des grandeurs «made in Russia», les habitants de Sotchi ne reconnaissent plus leur station balnéaire. Face aux chantiers d’un coût de 36 milliards d’euros – les plus chers jamais mis sur pied -, ils sont nombreux à ne plus rien comprendre à tout ce branle-bas de combat. Les arbustes fraîchement plantés auront beau dissimuler la poussière et le bruit provoqués par des milliers de travailleurs exploités, les stigmates seront bien visibles.

Malgré la triste expérience grecque de 2004, la Russie a donc fait naître, en dépit du bon sens et de la crise économique qui ronge certains de ses citoyens, une deuxième Sotchi, celle des installations alpines. Et pour la neige, pas de tracas: si elle n’est pas toujours garantie en temps normal, elle le sera durant les Jeux grâce à une usine toute proche. Chouette, hein?! Et dire que les pays occidentaux préfèrent taper en priorité sur la dernière folie de Kim

Fiasco social et environnemental, l’avant-Sotchi 2014 donne des boutons. En espérant pour la population locale que les dégâts provoqués par Vladimir Poutine et toute sa clique ne soient pas aussi importants que ce que l’on pourrait supposer.